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Le Pr Eric Caumes sur RMC: "Le gouvernement a fait le choix de vivre avec le Covid, on est obligé d’en assumer les risques"

Selon le chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière, le gouvernement a fait un choix qui n'est pas vraiment assumé de laisser circuler le virus. Il juge également que les restrictions actuelles ne permettront pas de casser la courbe épidémique.

Les images d’un rassemblement de près de 6500 personnes à Marseille pour le carnaval ont provoqué d’importantes réactions depuis dimanche en France. Alors que la région PACA n’a pas été confinée par le gouvernement, les Marseillais se sont rassemblés en tout illégalité nécessitant l’intervention des forces de l’ordre.

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Pour le professeur Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière, cela traduit le ras-le-bol des Français. Il estime également que ce type d’événement est un risque lorsque la stratégie de lutte contre le virus est de laisser circuler la maladie.

“On n’a pas fait le choix de zéro Covid qui a été fait par d’autres pays. Mais ce n’est pas complètement assumé, il y a beaucoup de 'non-dits'. On ne parle pas du tout de l’immunité naturelle, par exemple. On ne parle que de l’immunité vaccinale, qui est importante, mais à la vitesse où on avance, on n’est pas prêt de l’obtenir. Or, l’immunité naturelle est beaucoup plus importante actuellement en France. Moi, j’estime qu’il y a environ 20 millions de Français qui ont attrapé la maladie et qui sont donc immunisés”, affirme-t-il.

Il estime par ailleurs qu’il y a beaucoup trop de non-dit à cause du politiquement correct. 

"Le pari qui a été fait par le gouvernement, c’est de laisser circuler le virus en ce disant entre l’immunité vaccinale et l’immunité naturelle, on va pouvoir atteindre l’immunité collective. C’est d’ailleurs le pays que la plupart des pays du monde ont fait. On est pas tous l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Taïwan ou la Corée du Sud. On n’avait pas les moyens de faire autrement. Mais atteindre l’immunité collective aura un coût et ce coût sera payé par les plus fragiles d’entre nous”, assure-t-il.

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"Un pari" tenté par le gouvernement

Il prédit des semaines encore très compliquées dans les semaines à venir là où le virus est déjà très présent. 

“Les semaines qui viennent vont être très difficiles dans certains endroits comme en Île-de-France qui est déjà complètement saturée dans les services hospitaliers. Je ne crois pas que les mesures qui ont été prises permettent de casser la courbe épidémique de manière très spectaculaire", explique-t-il.

Des mesures qui sont d’ailleurs très floues même pour le médecin qu’il est. "On va laisser la chance au confinement, mais on n’y croit pas beaucoup. D’ailleurs, on ne comprend pas la différence entre ce qu’il s’est passé la semaine d’avant et ce qui se passe cette semaine à part qu’on a gagné une heure de liberté", assure-t-il. 

Guillaume Descours