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Le prix des médicaments en hausse de 4,3% en un an: "C'est choquant"

En un an, les prix des médicaments en vente libre sans ordonnance ont augmenté de 4,3% en moyenne, selon une enquête menée par l'association Familles Rurales, que RMC vous dévoile ce mardi. Surtout, un même médicament peut coûter jusqu'à 4 fois et demi plus cher en fonction de l'endroit où on l'achète.

C'était un objectif de la loi de 2008 sur la vente des médicaments en libre-service: faire baisser les prix. C'est raté. En un an, les prix des médicaments en vente libre sans ordonnance ont augmenté de 4,3% en moyenne. C'est la principale conclusion de l'Observatoire des prix des médicaments, enquête menée par l'association Familles Rurales dans 83 pharmacies réparties sur 45 départements, que RMC vous dévoile ce mardi. Les prix de certains médicaments ont même flambé: ainsi de l'Activir, un médicament contre les boutons de fièvre, dont le prix a crû de 9%.

Autre enseignement de cette enquête: un même médicament peut coûter jusqu'à 4 fois et demi plus cher en fonction de l'endroit où on l'achète. Le prix du Dacryum (lavage oculaire) varie ainsi de 1,95 euros à 8,50 euros, selon la pharmacie. On trouve même parfois jusqu'à 20 euros de différence sur une boîte de sevrage tabagique comme Nicopass: entre 13,90 euros et 34,10 euros.

"Les prix varient dans un même quartier"

Même chose pour le Maalox, où là aussi, les prix varient d'une pharmacie à l'autre comme a pu le constater Justine, une parisienne rencontrée par RMC. "J'ai acheté une boîte de Maalox grand format et je l'ai payée 6,45 euros", explique-t-elle en sortant de l'officine de son quartier. Mais dans une autre pharmacie quelques mètres plus loin, la même boîte de Maalox coûte… 3,99 euros. "Ah oui, sacrée différence, s'étonne Justine. C'est presque le double en terme de prix. C'est bizarre. En plus ce n'est pas remboursé. C'est un peu choquant quand c'est dans le même quartier, surtout pour un médicament pour les maux de ventre, qu'on utilise assez souvent. Ça fait un peu mal".

"Parfois, le prix affiché ne correspond pas au prix réel"

"Ce sont des médicaments en vente libre donc c'est le pharmacien qui librement fixe leurs prix", explique Dominique Marmier, président de l'association Familles rurales. Mais pour Amine Azzouz, pharmacien à Paris, il n'y a rien d'anormal au fait que les prix fluctuent autant. "Il ne faut pas être méfiant par rapport à ça, il faut aussi comprendre qu'une pharmacie est une petite entreprise. Ça met du temps pour qu'on fixe les prix, on ne va pas fixer un prix pour le changer deux jours après." Ce qui n'empêche pas un flou pour le consommateur.

Car, et c'est un autre enseignement de l'enquête, il n'y a quasiment plus d'étiquettes sur les boites, le prix étant désormais souvent affiché sur des présentoirs pas toujours accessibles. "Parfois, vous pouvez trouver des pharmacies où le prix affiché ne correspond pas au prix que l'on vous fait finalement payer, parce que l'étiquette n'a pas été changée. Ça peut arriver", concède Amine Azzouz. Et ne comptez pas sur Internet pour faire des affaires: car si les médicaments y sont vendus 24% moins chers en moyenne, les frais de livraison sont tellement importants qu'ils annulent la différence de prix.

P. G. avec M. Dupin et A. Bouïtcha