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Manque de médecins: le gouvernement veut étendre les gardes médicales aux infirmiers et dentistes

Des gardes médicales assurées par des infirmiers, des sages-femmes ou des dentistes. C'est l'amendement que le gouvernement veut intégrer dans le budget de la Sécurité sociale, qui arrive ce jeudi à l'Assemblée nationale. Un moyen de soulager les médecins.

Le projet de budget 2023 de la Sécurité sociale est débattu à l'Assemblée nationale à partir de ce jeudi. Et un amendement du gouvernement veut étendre les gardes médicales aux infirmiers, sages-femmes et aux dentistes, faute de médecins de garde, "sur tout le territoire" les soirs et week-ends.

Un moyen de soulager la charge des hôpitaux et des médecins. Mais chez les professionnels de santé, l'accueil de cet amendement est mitigé. Pour permettre aux patients d'être reçus les soirs et les week-ends, un coup de main des confrères dentistes, sages-femmes et infirmiers serait le bienvenu selon Philippe Vermesch, président du syndicat des médecins libéraux.

“Tout le monde sait aujourd’hui qu’on manque de médecins traitants et de médecins tout court dans certains territoires. Je ne vois pas pourquoi les infirmiers et d’autres professionnels, qui ont des compétences qui ont augmenté ces dernières années, ne pourraient pas servir de relais”, estime-t-il.

Déléguer certaines prérogatives qui relèvent de la médecine générale, oui, mais pas à n'importe quelle condition. “Du moment que c’est fait sous la responsabilité d’un médecin quand même. Des régulateurs, des médecins libéraux qui font une permanence et qui seront les mains du régulateur à distance”, explique-t-il.

Du scepticisme chez les dentistes

Si les infirmiers accueillent à bras ouverts ces nouvelles prérogatives, les chirurgiens-dentistes, eux, redoutent de devoir faire des actes de médecine générale qu'ils ne maîtrisent pas.

“Ce n’est pas dans nos compétences. Je vois mal un dentiste avec un stéthoscope autour du cou à faire des diagnostiques. Ce serait du charlatanisme. Aucun chirurgien-dentiste ne pourrait soigner une urgence ophtalmique, orthopédique, gastrique…”, appuie Patrick Solera, président de la Fédération des syndicats dentaires libéraux.

Près d'un Français sur dix peine à trouver un médecin généraliste à proximité de chez lui.

Maryline Ottmann avec Guillaume Descours