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Scandale des maisons de retraite: après Orpéa, Korian visé par 30 plaintes

Nouveau scandale dans les maisons de retraite. Quelques mois après Orpéa, c'est cette fois Korian qui est visé par une action collective de familles. Elles portent plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et homicide involontaire.

Après Orpéa, au tour du groupe de maisons de retraite Korian, le numéro un français, d'être visé par une action collective de familles. 18 familles déposent plainte ce mercredi contre des Ehpad de ce gestionnaire privé de maisons de retraite. Des plaintes à travers toute la France pour mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et homicide involontaire. Au total, ce sont 30 plaintes en tout qui émanent de 18 familles.

Le groupe Korian se défend dans un communiqué, affirmant que l'avocate des familles n'a "pris attache à aucun moment pour formaliser les réclamations de ses clients et ainsi faire valoir leurs intérêts".

Du côté des familles, on dénonce les conditions dans lesquelles sont traités leurs proches. Notamment Robert, 88 ans, diabétique et amputé d’un pied, placé à l’Ehpad Korian près de La Rochelle en 2021. Plusieurs fois par semaine, il doit faire une dialyse alors les pompiers viennent le chercher et le trouvent toujours dans le même état selon sa fille.

“Ils arrivaient et ils le trouvaient pas lavé, pas habillé, dans ses excréments depuis déjà plusieurs heures”, indique-t-elle.

De nouvelles plaintes à venir

Le résident raconte être parfois brutalisé par le personnel. Semaine après semaine, sa santé se détériore. “On le voyait maigrir à vue d’œil et neuf fois sur dix, le plateau-repas, il ne l’avait pas touché. Et personne ne s’inquiétait de ça. Au bout de deux mois, papa avait perdu 10 kilos”, résume sa fille.

Robert quitte l’Ehpad en novembre, il mourra au matin de Noël à l’hôpital. Sa famille porte plainte ce mercredi, comme 29 autres.

"L’objectif, c’est que la justice soit rendue, explique leur avocate Sarah Saldmann. Et surtout la volonté des familles, c’est que les choses changent, que des mesures soient prises de façon concrète. On ne peut pas laisser des personnes dans des Ehpad où ce sont des mouroirs."

La liste des plaignants pourrait encore s’allonger. L’avocate assure avoir été contactée par trois nouvelles familles pour la seule journée de mardi.

Guillaume Descours Journaliste RMC