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À quelques jours de la rentrée, 8.000 postes de chauffeurs de bus restent à pourvoir

La rentrée scolaire approche et avec elle une inquiétude, celle de voir certaines lignes de bus scolaires ne pas pouvoir circuler faute de chauffeurs. 8.000 conducteurs seraient manquants en France, dont 180 dans la région Hauts-de-France.

Des enfants resteront-ils sur le bord de la route le jeudi 1er septembre, jour de la rentrée? Une question légitime au vu des 8.000 postes de chauffeurs de bus qui peinent à trouver preneurs dans toute la France, selon la Fédération nationale des transports de voyageurs.

La raison? Des démissions depuis l'épidémie de Covid, des départs à la retraite pas remplacés, et surtout le manque d'attractivité d'un métier aux conditions parfois difficiles.

À Grattepanche, commune de 300 habitants dans la Somme, ces parents redoutent l'absence de ramassage scolaire pour la rentrée.

“Ce serait beaucoup de contraintes, beaucoup de perte de temps, du temps de vie tout simplement. Quand il y a du transport, ça permet de se dégager du temps personnel aussi”, affirme un père de famille. “Ce serait dramatique. Je pense que je serai obligée de trouver un collège proche de mon travail et devoir faire faire des très grosses journées à mon enfant pour le mettre le matin tôt en garderie ou en étude et le soir le récupérer après les horaires de mon travail”, explique cette maman.

Des salaires peu attractifs

Il manque encore 80 conducteurs de bus à la société Transdev, un des leaders des Hauts-de-France du transport scolaire, à cause des démissions pendant la crise sanitaire, mais aussi du manque d'attractivité d'un métier aux grandes amplitudes horaires pour un salaire légèrement supérieur au SMIC.

Un frein pour le candidat, constate Catherine Roger, chargée de recrutement chez Transdev.

“Au final, au niveau de son quotidien à lui, au niveau familial, mais aussi au niveau financier, ça ne colle pas”, constate-t-elle.

À dix jours de la rentrée, 180 postes de chauffeurs de bus sont à pourvoir dans la région. Le vice-président de la région des Hauts-de-France, Franck Dhersin, en charge des Mobilités, n'écarte pas le pire scénario. “Je ne peux pas à 100% assurer qu’on aura toutes les lignes le jour de la rentrée”, confie-t-il.

La région connaîtra en fin de semaine les lignes touchées par cette pénurie.

Kévin Gasser et Garance Muñoz avec Guillaume Descours