RMC

Grève à la SNCF: "La direction attend le dernier jour pour proposer quelque chose", dénonce Philippe Martinez

Le secrétaire général de la CGT était l'invité d'"Apolline matin", ce vendredi, après l'annonce de la levée des préavis de grève.

La grève a été levée jeudi après un accord trouvé entre les syndicats de cheminots et la direction de la SNCF. Un accord trouvé à la toute dernière minute et qui provoque des perturbations ce vendredi. Selon la direction, les appels à la grève ont été levés "trop tardivement sur le plan opérationnel pour assurer une remontée" du nombre de TGV en circulation. 

>> A LIRE AUSSI - Pourquoi le trafic SNCF reste-t-il perturbé ce vendredi malgré la levée de la grève?

Pour Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT, la situation était connue de la direction. Il l'accuse de volontairement faire traîner les négociations. 

"A la Toussaint, il y a eu des grèves dans le Sud-ouest. Au lieu de régler le problème dans son ensemble, la direction de la SNCF a attendu la grève et a réglé le Sud-ouest, tout en sachant que le problème allait se poser sur d’autres secteurs. On avait alerté depuis 18 jours sur la situation et la direction attend le dernier jour pour proposer quelque chose, vous croyez que c’est raisonnable", indique-t-il ce vendredi sur RMC.

"La CGT demande depuis des années une réévaluation du Smic"

Le syndicaliste est également revenu sur les négociations sur les salaires qui ont lieux en ce moment et avant la réunion entre syndicats et patronats ce vendredi matin. La ministre du Travail Elisabeth Borne compte mettre la pression sur ces branches pour obtenir des augmentations de salaire.

“Ca fait plusieurs mois voire plusieurs années qu’on dit qu’il y a un problème de salaires. Que madame Borne se réveille et que le gouvernement se réveille pour dire qu’il y a un problème c’est une bonne chose mais enfin il ne faut pas inverser les rôles. La pandémie a révélé encore plus qu’il y a les premières lignes et les deuxièmes lignes. Et tout le monde a découvert, sauf nous et les salariés concernés, que les grilles de salaires dans certaines branches démarrent en dessous du Smic. La CGT demande depuis des années une réévaluation du Smic plus importante. Nous on propose que ce soit de 1000 euros. On a écrit au Premier ministre pour demander que dès que quand le Smic augmente, automatiquement les minimas de branche augmentent, il ne devrait pas y avoir à négocier", assure-t-il. 

>> A LIRE AUSSI - "Les fins de mois sont dures": les difficiles négociations des coiffeurs pour une revalorisation de salaire

Jeudi, l'hôtellerie restauration a fait un pas, et a annoncé que le salaire minimum sera désormais à 5% au-dessus du SMIC. En moyenne, les salaires augmentent de 16% dans cette branche. Un excellent signal pour le Ministère du travail mais encore loin du compte pour les syndicats, pour qui il faut un effort bien plus important pour rattraper le retard accumulé. 

"La pandémie a impacté le secteur de l’hôtellerie. Mais il y a un vrai problème sur les salaires avec des grilles qui commencent en dessous du Smic. Il y a aussi le problème des horaires qui dans ces professions là sont particulières. On travaille souvent tard le soir, le week-end… c’est tout ça qu’il faut prendre en compte. Quand on annonce 17% d’augmentation ça paraît beaucoup, mais si on regarde bien, ça permet simplement de ramener au niveau du Smic", appuie Philippe Martinez. 

Guillaume Descours