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SNCF: "On ne paye pas du tout le vrai prix du train", rappelle Jean-Baptiste Djebbari

Le ministre des Transports, Clément Beaune, a annoncé dimanche avoir demandé à la SNCF de mettre en place un bouclier tarifaire afin de limiter le prix des billets. La proposition divise sur le plateau des "Grandes Gueules", ce mardi sur RMC et RMC Story, entre ceux qui estiment que ça sera utile pour les plus précaires et ceux qui pensent que cela se fera au détriment de l'investissement.

Faut-il mettre en place un bouclier tarifaire à la SNCF? Le ministre des Transports, Clément Beaune, a annoncé dimanche qu'il avait fait cette demande afin de contenir les prix. Cette proposition divise...

"Je pense que c’est pas trop mal parce qu'il y a le sujet de l'accessibilité pour les familles, les étudiants et d’une manière générale, les gens les plus précaires", estime Jean-Baptiste Djebbari, ancien ministre des Transports et chroniqueur dans "Les Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story, ce mardi.

Pour autant, il tient à rappeler que ce que le consommateur paye est loin de ce que ça coûte réellement.

"On ne paye pas du tout le vrai prix du train"

"Je suis un de ceux qui disaient que le train c’était cher parce que ça coûtait cher. On investit plusieurs milliards d’euros par an dans un réseau, on a relancé les trains de nuit, etc. On ne paye pas du tout le vrai prix du train", explique Jean-Baptiste Djebbari.

D'après lui, les trajets dans les trains régionaux (TER) sont subventionnés, en moyenne, à 75% par les régions. "Aujourd’hui, le modèle de la SNCF, c’est 'le TGV paye pour le reste'", ajoute-t-il.

De son côté, Didier Giraud, éleveur de bovins, est totalement contre un bouclier tarifaire. Pour lui, cela "se fera au détriment des investissements et des rénovations". Il explique aussi que "d'autres vont devoir supporter le coût". "Le vrai courage politique ne serait pas d’inventer des boucliers en urgence pour passer Noël, mais qu’on nous dise précisément: 'ça va coûter plus cher'", estime Olivier Truchot.

La SNCF peut-elle faire autrement?

Avant cette demande du bouclier tarifaire, la SNCF avait annoncé des augmentations de prix des billets pouvant aller jusqu'à 10%. Pas le choix selon Alexandre, conducteur de train.

"Pour faire rouler un train, il faut de l’électricité ou du gazoil et il y a aussi la question de l’entretien. Une roue, par exemple, c’est de l’acier et ça a augmenté. Ce qu’il y a à l’intérieur du train, au niveau électrique voire informatique, tous les composants ont augmenté: on ne peut pas faire autrement et encore une fois, on demande à la SNCF tout et son contraire. On veut qu’elle dégage de l’argent mais il ne faut pas augmenter les tarifs", déplore-t-il.

L'ouverture à la concurence, dans quelques années, devrait d'ailleurs tout chambouler. En attendant, "le train coûtera toujours très cher à produire", conclut Jean-Baptiste Djebbari.

AB