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Trottinettes sur les trottoirs: "Il faut une vraie politique de verbalisation et serrer la vis"

S'il est interdit de circuler à trottinette électrique ou à vélo sur les trottoirs, c'est pourtant assez courant. Une amende de 135 euros est même prévue mais elle est rarement dressée. Le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) présente, ce lundi, neuf recommandations au gouvernement pour que le trottoir redevienne un espace réservé aux piétons.

Les trottinettes électriques n'ont rien à faire sur les trottoirs. Pourtant, les utilisateurs sont nombreux à s'affranchir de cette règle, mais peut-être plus pour longtemps. Ce lundi, le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) présente neuf recommandations au gouvernement pour que le trottoir redevienne un espace réservé aux piétons.

Le CNSR demande, notamment, que les "réglementations soient respectées". Rouler sur un trottoir avec une trottinette ou à vélo est passible d'une amende de 135 euros. Le Conseil national demande à ce que les procès-verbaux, rarement dressés, soient multipliés.

Une augmentation de l'accidentalité

"C'est enfoncer une porte ouverte, mais c'est vraiment nécessaire, car on constate une augmentation croissante de l’accidentalité, notamment sur les trottoirs. Dans un cas d’accident mortel sur deux, ça se passe sur le trottoir", affirme Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, invité de "Charles Matin" sur RMC, ce lundi.

Pour lui, "il faut vraie politique de verbalisation et serrer la vis pour protéger les piétons".

Rouler sur le trottoir, c'est prendre le risque de percuter quelqu'un. "Je ne l’ai pas du tout vu venir et dans les mois qui ont suivi, j’ai eu peur de m’en prendre une", déplore Sylvain, parisien. Pour lui, le trottoir c'est pour les piétons. "Vu comme c’est pratiqué, c’est dangereux, notamment dans une ville comme Paris où il y a beaucoup de circulation, c’est très dense", ajoute-t-il.

Ne pas stigmatiser les jeunes

Plusieurs mesures ont déjà été prises pour tenter de limiter les accidents. Dès ce lundi, par exemple, les trottinettes en libre-service sont interdites aux mineurs à Paris.

Pour Pierre Chasseray, il faut faire "attention aux mesures qui stigmatisent, parce que ce n’est pas une catégorie d’âge qui est plus représentée dans l’accidentalité qu'une autre. C’est vrai qu’on constate qu’ils sont deux par trottinette, qu’ils font fi des réglementations, mais c’est surtout une question d’éducation derrière tout ça".

Pour rappel, les trottinettes classiques, souvent utilisées par les enfants, ont le droit d'être sur le trottoir. En revanche, les vélos, qu'ils soient électriques ou non, n'y ont pas leur place, sauf pour les enfants jusqu'à huit ans.

Vers une immatriculation des trottinettes et des vélos?

Si malgré ces recommandations, l'accidentalité ne baisse pas, Pierre Chasseray craint des mesures plus drastiques. Cela pourrait passer par l'obligation de porter des plaques d'immatriculation.

C'est d'ailleurs une demande de l'association Apacauvi, engagée dans la lutte contre les incivilités.

"Il faut mettre en place une immatriculation qui servirait à retrouver les gens, à les identifier et les dissuader de la fuite", défend Arnaud Kielbasa, vice-président de l'association.

Au total, le nombre d’accidents impliquant des trottinettes a augmenté de 120 % entre 2019 et 2021.

AB avec Siam Spencer