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Baccalauréat: "Plus de contrôle continu rendra mieux compte du véritable niveau des lycéens"

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Le baccalauréat, examen historique, est très critiqué pour son niveau et son coût. Pour y répondre, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer se dit favorable à "un bac plus musclé qu’épais". Invitée dans 100% Bachelot, Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction L'Etudiant, partage cet avis et appelle à davantage de contrôle continu.

Cette année, le baccalauréat débutera le 15 juin avec l’épreuve de philosophie. Cet examen emblématique est davantage considéré comme symbolique par ses détracteurs qui estiment qu’il coûte trop cher et qu’il est trop facile à obtenir. Pour Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction L’Etudiant et invitée dans 100% Bachelot, "le bac est une énorme machine", difficile à réformer.

"Le bac aujourd’hui pose problème parce qu’il est coûte cher, environ 1,5 milliard d’euros. C’est hors de prix parce que c’est une énorme machine. Il faut mettre tous les lycéens de terminale technologique, professionnelle et générale la même semaine dans des locaux, et organiser des épreuves. Cette machine suppose que toutes les autres classes de seconde soient dans la nature parce que leurs salles sont occupées. Au niveau du coût, de la logistique et du sens, il pose problème. On sait comment le réformer, mais mettre en œuvre la réforme s’avère plus compliqué".

Pour Marie-Caroline Missir, si le bac reste un examen important, il est minoré par le rôle que joue APB (admission post-bac),  le service mis en place par le ministère de l'Enseignement supérieur pour réguler la demande de places en première année dans l'enseignement supérieur.

Elle affirme que l'angoisse des familles ne s'exprime plus lors du bac, mais lors de l'inscription dans l'enseignement supérieur. "Le bac a un taux de réussite très satisfaisant et le vrai couperet, le vrai sésame d’accès à l’enseignement supérieur, ce n’est plus le bac mais APB. Il permet l’inscription dans l’enseignement supérieur. Pour les familles, toute l’angoisse et tout le taux de sélectivité s’est transféré du bac, à cette énorme machine. Il faut effectivement avoir son bac pour entrer dans l’enseignement supérieur, mais APB est vraiment devenu plus important. La sélection s’effectue en fonction de contrôle continu. Ça parait logique que, pour toutes ces raisons, on produise plus de contrôle continu au bac. Cela rendra mieux compte du véritable niveau des lycéens et fera peut-être moins de stress et d’organisation pour l'Education nationale".

Seulement, selon Marie Caroline Missir, cette réforme a déjà été tentée. "Le problème, c’est que la dernière fois qu’on a voulu faire ça, c’était avec François Fillon en 2005. Il y a eu des manifestations monstres et ça s’est arrêté là".

100% Bachelot avec A. B