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En France on classe ceux qui vont être intellectuels en opposition avec ceux qui vont être manuels

En 2017 en France, les sans-diplôme représentent 17,9% des chômeurs, quand les titulaires d'un diplôme supérieur à Bac+2 représentent seulement 5,7%. Une situation problématique qui s’explique par un dénigrement du travail manuel selon Benjamin, auditeur de 100% Bachelot.

Malgré les 32 milliards d’euros dépensés dans la formation professionnelle, les jeunes sont ceux qui en profitent le moins. Pourtant, ce sont précisément ces jeunes qui en ont le plus besoin, puisque 120 000 d’entre eux quittent le système éducatif, sans qualification ni diplôme chaque année. Un problème qui en plus d’être financier, fait porter un regard péjoratif sur l’alternance selon Benjamin, auditeur de 100% Bachelot.

"En France on a un gros problème avec les métiers manuels et j’en faisais partie. J’avais la chance d’avoir d’excellentes notes et dans un coin de ma tête, les métiers manuels étaient réservés à ceux qui étaient bêtes. Il n’y avait pas besoin de réfléchir, parce qu’on se servait de ces mains et pas de sa tête".

Alors, quand Benjamin a dû arrêter ses études pour des raisons personnelles, le choc a été violent. "Quand j’ai grandi, je me suis retrouvé dans le système de l’apprentissage. J’ai commencé par l’hôtellerie et j’ai continué dans le commerce. Le bilan que j’en fais, avec presque 20 années d’expériences professionnelles, c’est que lorsqu’on a un diplôme qui n’est pas associé à une grande école, on nous classe dans une catégorie de pas bon, de fainéant, de non-motivé. On entre dans une spirale, et c’est pour ça que l’école de la deuxième chance peut être très importante".

Pour cet auditeur de 100% Bachelot, il est nécessaire de valoriser la formation, en expliquant aux jeunes que le travail manuel nécessite une vraie réflexion. "Aujourd’hui on n’explique pas aux jeunes que, pour couper du bois, pour préparer un gâteau, il y a toute une méthodologie, un savoir-faire. Quand on le fait, quand on le fait bien, c’est parce qu’on y a pensé, parce qu’on s’est servi de son cerveau, pour bien se servir de ses mains".

Pour Benjamin, un cercle vicieux se met en place lorsqu’un jeune est placé dans une filière professionnelle. "Le problème français, c’est qu’on classe ceux qui vont être intellectuels en opposition avec ceux qui vont être manuels. Du coup, un jeune qui va avoir des difficultés, va avoir peur qu’on le place dans ces filière-là. Pour lui ça va être une voie de garage. Il va se dire: 'si on me met là-bas, c’est parce que je suis bête et je ne ferais rien de ma vie'."

100% Bachelot avec A.B.