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Féminicide dans le Bas-Rhin: l'inspection générale de la gendarmerie saisie

La gendarmerie nationale a annoncé mardi avoir demandé à son inspection générale, l'IGGN, d'enquêter sur les circonstances de l'intervention des gendarmes effectuée lors du meurtre d'une femme à coups de couteaux par son conjoint à Oberhoffen-sur-Moder.

L'homme soupçonné d'avoir tué à coups de couteau sa femme, morte sous les yeux de sa fille dimanche soir à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin), a été mis en examen et écroué mardi après ce nouveau féminicide qui a suscité des interrogations sur le délai d'intervention des gendarmes.

La gendarmerie nationale a annoncé mardi avoir demandé à son inspection générale, l'IGGN, "un audit sur l'ensemble de l'intervention" des gendarmes qui a fait l'objet de critiques de la part de la fille de la victime.

Une critique compréhensible pour Dominique, ancien gendarme, mais pas forcément fondée: "Je comprends que la question du temps d'intervention soit posée. Mais il n'y a pas de débat à partir du moment où on va avoir la vérité facilement et la gendarmerie se chargera de la donner. Comme l'a dit la représentante de la gendarmerie, nous avons un centre opérationnel. A partir du moment où il y a un appel téléphonique, tout est enregistré. Il n'y a pas de débat, mais il suffit que la gendarmerie communique sur les heures d'appel et la nature de l'appel".

"Il n'y a pas de protocole lent ou rapide"

Dans les GG, Dominique a aussi tenu à détailler ce qui peut se passer lors d'une intervention des gendarmes:

"Il n'y a pas de protocole lent ou rapide. A partir du moment où il y a un appel, les gendarmes ne se posent pas la question. On ne sait pas s'il y avait déjà une patrouille dehors, est-ce qu'elle a été prévenue? S'il y a une patrouille dehors, elle y va, ils sont armés. S'il n'y a pas de patrouille dehors, il faut leur laisser le temps de mettre leurs gilets pare-balles, de récupérer leurs armes, et ils partent".

La fille de la victime souhaite organiser une marche blanche en mémoire de sa mère, ce qui pourrait avoir lieu dimanche. En 2018, 133 femmes ont été tuées lors de violences conjugales, selon un décompte d'associations féministes.

P.B.