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Guerre en Ukraine, prix de l'énergie, campagne d'Emmanuel Macron: ce qu'il faut retenir de l'interview de Marine Le Pen sur RMC

Invitée des "Grandes Gueules" ce mardi sur RMC et RMC Story, Marine Le Pen, donnée deuxième par les sondages loin derrière Emmanuel Macron, a fustigé la campagne du président sortant. Elle a également appelé à baisser la TVA sur le gaz et l'essence, considérant qu'il s'agit de produit de première nécessité.

La campagne présidentielle est bel et bien lancée. Le Conseil constitutionnel a donné ce lundi le nom des douze candidats qui participeront au scrutin le 10 avril prochain. Parmi eux, Marine Le Pen forcément, la candidate du Rassemblement national créditée pour l'instant de 14,5% des voix au premier tour.

  • Le début de campagne "malsain et malhonnête" d'Emmanuel Macron

La députée a jugé ce mardi sur RMC, "malsain et malhonnête" le début de campagne d'Emmanuel Macron, président sortant qui utiliserait son statut pour viser l'Elysée une seconde fois de suite: "Ça commence à devenir malsain et malhonnête à l'égard des Français. L’utilisation des moyens de l’Elysée au service du candidat avec la diffusion de la lettre de candidature, tout ça c’est du faux. On est dans quelque chose que l’on nous écrit à l’avance", a-t-elle lancé. 

"On veut faire croire aux Français que l’élection est déjà pliée, je n’y crois pas du tout. On veut que les Français s’abstiennent. Si le peuple s’abstient, les élites éliront Macron. Si le peuple vote, Macron ne sera pas président parce qu’il a fait trop de mal au peuple dans tous les domaines", a ajouté Marine Le Pen.
  • Emmanuel Macron, de la "communication" plutôt que de la diplomatie en Ukraine

Alors que les combats continuent en Ukraine après l'invasion de l'armée russe, Marine Le Pen estime qu'il faut appuyer sur la voie diplomatique plutôt que de multiplier les sanctions économiques à l'égard de la Russie de Vladimir Poutine: "La méthode Le Pen, c’est la diplomatie mais pas la diplomatie à la Macron. La diplomatie de Macron qui consiste à, dès qu’il sort du bureau de Vladimir Poutine, dire dans les médias, 'je lui ai dit ceci, il m’a dit cela', ce n’est pas de la diplomatie c’est de la communication", a-t-elle lancé.

Elle a également fustigé les clichés du président diffusé par le gouvernement mettant en scène un président fatigué par la guerre: "Depuis quelques jours, je vois un président qui se sert de son statut de président de la République pour faire en réalité sa campagne de candidat. Toutes ces photos de mode sur les réseaux sociaux avec lui en train de réfléchir avec un air inspiré, tout ça, ce sont des photos pour le candidat", a-t-elle lancé.

  • "On peut prendre des sanctions sans que les Français en soient les premières victimes"

Au-delà de la diplomatie et de la communication de l'Elysée, elle a plaidé pour des sanctions économiques sans que les Français en soient victimes: "Dire qu'on va supprimer le gaz russe, prendre le risque de multiplier les prix du gaz et de l'électricité par 5 ou 6, peut-on faire ça aux Français? Evidemment que non, on ne le peut pas. Il y a d'autres méthodes pour régler un conflit. On peut prendre des sanctions sans que les Français en soient les premières victimes. Ne faisons pas n'importe quoi qui pourrait avoir sur les Français, nos entreprises et l'emploi, des conséquences cataclysmiques".

  • Marine Le Pen blessée par le ralliement de Marion Marechal à Eric Zemmour

Marine Le Pen a été blessée par le ralliement de sa nièce Marion Maréchal à Eric Zemmour, l'autre candidat d'extrême-droite, qui fait figure de troisième voie dans cette présidentielle avec 13% des intentions de vote selon les derniers sondages. "C'est irrationnel au regard de son parcours, de ses engagements, des électeurs et par rapport à ses propres déclarations", a-t-elle lancé

"Ça me blesse. Peut-être que juste le fond, c'est ça. Parfois, on cherche des grandes explications politiques et en fait cela ne relève que de l'affectif. Les liens sont rompus de son fait", a ajouté la députée.
  • Le plan de Marine Le Pen pour l'énergie

Alors que les prix de l’énergie, notamment du gaz et de l'essence, connaissent une énième augmentation avec la guerre en Ukraine, Marine Le Pen a appelé à baisser la TVA: "Il faut la faire passer de 20 à 5,5%", a-t-elle lancé. "Il faut que les Français puissent faire avancer leur voiture, se chauffer et s'éclaire".

"Il faut aller plus que ma propre proposition et supprimer les augmentations qui ont été décidées par Emmanuel Macron en 2017 et en 2018. Cela ferait baisser le litre de gazole de 44 centimes et le litre d'essence de 34 centimes. C'est un effort juste pour le pouvoir d'achat des Français", a assuré Marine Le Pen.

Elle a également assuré que cette baisse de la TVA serait une baisse pérenne: "Je considère que l'énergie est un bien de première nécessité", a ajouté Marine Le Pen.

Guillaume Dussourt