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La présidentielle intéresse de moins en moins les Français: "Les politiques ne pensent qu'à leurs postes"

Dans "Les Grandes Gueules" ce mercredi sur RMC et RMC Story, le prof d'économie Thomas Porcher estime que les politiques sont eux-mêmes responsables du désintérêt d'une partie des Français concernant la campagne présidentielle de 2022.

La faute à qui ? Aux candidats ? Aux programmes ? Au Covid ? Les Français ne semblent pas se passionner pour la campagne présidentielle en cours, à un peu plus de deux mois du premier tour de l'élection. C'est ce que révèle un sondage de l'Ifop publié par Paris-Match ce mardi.

La campagne présidentielle n'était, selon cette étude, que le 5e sujet de conversation la semaine dernière, derrière la pandémie, le pass vaccinal, la grève des enseignants, et la campagne de vaccination. Seuls 52% des Français disent évoquer l’élection présidentielle dans leurs conversations, contre 78% en 2017, soit une baisse de 26 points par rapport au même moment il y a cinq ans.

Sarkozy, Hollande, Macron: "Rien ne change", selon Thomas Porcher

Pour l'économiste Thomas Porcher, intervenu dans "Les Grandes Gueules" ce mercredi sur RMC, les politiques n'arrivent plus à intéresser les jeunes, et dégoûtent les autres.

"Je pense qu'il y a un rejet du politique. Il y a eu Sarkozy qui voulait tout changer, ça n'a pas vraiment changé. Hollande, c'était l'alternance et il a fait pire que Sarkozy en terme de politique économique de droite. Macron pareil, ça devait changer et ça ne change pas. En voyant qu'on a une alternance sans changement, les gens voient bien qu'ils ne pensent qu'à leurs postes. Ils n'en ont rien à foutre des gens, ils ne pensent qu'à leurs postes."

"C'est une acculturation de long terme sur l'individualisme et l'échec de politiques"

Concernant le désintérêt des jeunes, les chiffres sont là. Selon l'Ifop par exemple, à peine 16% des 18-24 ans et 19% des 25-34 ans se sont déplacés lors du premier tour des régionales le 20 juin, à comparer aux 47% des plus de 65 ans.

"Les jeunes, ça fait des années qu'on leur dit de ne pas tout attendre de la politique, que c'est à eux de se prendre en main, ajoute Thomas Porcher. Toutes les semaines, on leur montre des success story de mecs qui ont fait 1 million d'euros en un mois. C'est une acculturation de long terme sur l'individualisme et l'échec de politiques qui nous ont promis des choses qu'ils n'ont pas tenu."

>>> EN VIDEO - Comment les influenceurs se mêlent à la campagne présidentielle

J.A.