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"Les gens ne peuvent plus supporter Macron, elle apparaît très crédible": Valérie Pécresse a-t-elle une chance?

Propulsée dans la campagne présidentielle après sa victoire au congrès des Républicains, Valérie Pécresse peut-elle aller jusqu'au bout alors que la droite reste sur deux échecs majeurs?

Après des mois de suspense et quatre débats, la droite à enfin sa candidate. C'est finalement Valérie Pécresse qui aura la lourde tâche de faire oublier la candidature de François Fillon et mener Les Républicains à l'Elysée, 10 ans après le départ de Nicolas Sarkozy. La présidente de la région Île-de-France a largement battu Eric Ciotti au second tour de la primaire fermée du parti.

Elle va désormais devoir rassembler derrière elle. Et cette campagne de rassemblement a commencé ce lundi par un déjeuner avec Eric Ciotti justement, son adversaire malheureux qui juste après sa défaite estimait que Valérie Pécresse "n'envoyait pas le bon message": "Nous devons fonder un programme d’unité, de rassemblement", avait lancé le député alors que Valérie Pécresse assurait ne pas vouloir reprendre toutes les idées de son adversaire du congrès.

Le chemin jusqu’à l’Elysée semble ainsi déjà long et compliqué pour l’ancienne ministre. Selon les derniers sondages, Valérie Pécresse n’obtiendrait que 11% des voix au premier tour, loin derrière Eric Zemmour (14%), Marine Le Pen (20%) et Emmanuel Macron (24%) et surtout bien insuffisant pour accéder au second tour.

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"Elle ferait une excellente Premier ministre d'Emmanuel Macron"

Mais il reste encore cinq mois de campagne pour changer la donne. Sur le plateau des "Grandes Gueules", on estime que la candidate des Républicains a bien une carte à jouer : "Je crois tout à fait en ses chances", assure l’avocat Charles Consigny. "Le mouvement féministe, même pour ceux qui n’y souscrivent pas, est en fait une lame de fond très importante qui agit partout même inconsciemment", assure-t-il. "Elle est très diplômée, elle parle russe, japonais, diplômée de l’ENA et de HEC, c’est une tronche, cela en fait quelqu’un de solide", plaide-t-il.

"Je crois aussi qu’Emmanuel Macron va subir le dégagisme dont il a bénéficié. Je pense que les gens ne peuvent plus le supporter, ni lui ni son gouvernement. Ce n’est pas forcément contre lui mais au bout de cinq ans, on en a ras-le-bol. Il y a aussi je pense une envie de libéralisme et Pécresse incarne une forme de rupture de ce côté-là. Elle a dit qu’elle était un tiers Thatcher, deux tiers Merkel, et ça parle à beaucoup de gens. Elle est très crédible comme candidate", estime Charles Consigny.

Sans se décrire comme "militante féministe", Joëlle Dago-Serry assure se réjouir qu'une femme soit relativement bien placée à la présidentielle. "Je la trouve assez travailleuse et elle gagnerait à s'humaniser un peu plus, à se rendre plus proche du peuple. Je pense aussi qu'elle pourrait l'emporter", ajoute-t-elle avant de se féliciter de la dégringolade de Xavier Bertrand.

Benjamin Cauchy, soutien d'Eric Zemmour et ancien "gilet jaune", préfère ironiser: "Elle ferait une excellente Premier ministre d'Emmanuel Macron. Elle n'a pas vraiment de différence avec le président de la République.

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G.D.