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Montebourg se présente pour une "remontada" de la France: "Aucun à gauche n'est capable de sacrifier son destin personnel"

Les Grandes Gueules sont revenues ce lundi sur la candidature d'Arnaud Montebourg à l'élection présidentielle 2022.

Montebourg vise une nouvelle fois l'Elysée! L'ancien ministre socialiste du Redressement productif Arnaud Montebourg a déclaré samedi à Clamecy (Nièvre) sa candidature à la présidence de la République afin d'impulser une "remontada" de la France, s'estimant "légitime" malgré l'offre pléthorique de candidats à gauche.

Arnaud Montebourg rajoute son nom à la longue liste de candidats déclarés ou putatifs de ce côté de l'échiquier politique, parmi lesquels l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, la socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel ou encore le candidat issu de la primaire écologiste.

Pour se démarquer, il a choisi de se déclarer, le jour anniversaire de la proclamation de la IIIe République en 1870, dans sa ville natale de Clamecy dans la Nièvre. L'une de ces "sous-préfectures" dont il veut se faire le défenseur, à travers la "remontada", la remontée en plusieurs chantiers thématiques d'une France selon lui en déclin.

Entre 2 et 5% d'intentions de vote pour l'instant

"C'est pour cette tâche difficile mais magnifique (...) que j'ai décidé de présenter aujourd'hui aux Français ma candidature à la présidence de la République", a clamé Arnaud Montebourg. Âgé de 58 ans il a confié "éprouver de la légitimité à porter au pouvoir" les "idées, combats et projets (qu'il dit avoir) portés dans le passé" et aujourd'hui devenus selon lui "le centre de gravité des convictions des Français", comme la lutte contre la mondialisation néolibérale, ou la réindustralisation et la VIe République.

Se disant "homme de gauche", il a néanmoins affirmé vouloir s'affranchir du clivage gauche-droite: "Les partis de droite ne savent pas vous protéger contre les injustices, les partis de gauche ne savent pas vous protéger contre l'insécurité".

Sa "remontada" serait industrielle, avec des alliances public-privé et une règlementation protectionniste; écologique avec une "France sans pétrole d'ici 20 ans"; démocratique avec la VIe République par référendum; "territoriale" afin de répondre à la "chute des services publics" dans les campagnes; sécuritaire avec une "sévérité républicaine" contre la "submersion de territoires par la délinquance"...

Les sondages le créditent pour l'instant entre 2 et 5% d'intentions de vote.

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L'avis de GG

Stella Kamnga (étudiante): "Il dit être passionné de France avec un slogan espagnol. Pas très cohérent."

Etienne Liébig (éducateur): "Ce qui est terrible quand on est de gauche c'est de voir ces gens qui sont incapables de s'unir. Aucun n'est capable de sacrifier son destin personnel. On va diviser les 35% de gauche en 4% chacun. Il est quand même impensable, quand on est de gauche et persuadés qu'il faut une politique de gauche dans ce pays, de faire passer l'égo avant l'intérêt général. Je suis profondément déçu."

Olivier Truchot: "Quand Mitterrand se présente en 1981 il a 5 candidats de gauche face à lui, donc ce n'est pas le problème du nombre de candidats, c'est le problème de l'offre que tu proposes. Une offre qui rassemble. Il faut quelqu'un qui donne envie"

Charles Consigny (avocat): "Je n'aime pas du tout ce slogan de 'remontada', je trouve ça complètement 'tarte'. Ca fait pas du tout envie, ça fait un peu slogan de looser. Je pense qu'il incarne une ligne qui doit exister dans le débat politique. Il est sur des questions industrielles, le poids du CAC 40 en France et le fait de ne pas laisser quelques grands patrons décider de tout dans ce pays. Alors que Hidalgo est sur les vélos, ce n'est pas pareil. Ce sont deux lignes qui sont différentes. Je ne sais pas si Arnaud Montebourg a suffisamment travaillé sa candidature, avec des idées nouvelles. Je ne peux pas faire confiance à la gauche pour dynamiser l'économie française. Pour moi il est un contre-pouvoir."