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Cantine scolaire: une augmentation de 60% dans une commune du Val-de-Marne, les parents en colère

À Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), les tarifs de la cantine scolaire augmentent de 60%, environ, à la rentrée. Face à cette explosion du prix, des parents d'élèves ont lancé une pétition en ligne fin juillet 2022. Elle a recueilli plus de 570 signatures et de nombreux commentaires.

C'est une hausse qui passe mal chez les parents d'élèves. À Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), les tarifs de la cantine scolaire augmentent de 60% environ à la rentrée.

De 1,20 à 2 euros pour les plus bas et de 4,5 à 7 euros pour les plus hauts. "Auparavant, je payais 72 euros par mois et maintenant je vais passer à 112 euros. Clairement, c’est un budget qui est beaucoup plus important", déplore Ingrid Lopes, mère d'un enfant scolarisé dans la commune.

Cette hausse fait suite à l'inflation et notamment sur les produits alimentaires. Les prestataires, eux, ont augmenté leurs tarifs de 7% environ.

Plus de 570 signatures en un mois

Face à cette explosion du prix de la cantine, décidée en Conseil municipal au mois de juillet 2022, des parents ont lancé une pétition en ligne. Ils demandent "des explications et une réévaluation à la baisse de ces tarifs en plein contexte économique tendu avec une hausse générale du coût de la vie pour tous".

Plus de 570 personnes ont signé cette pétition. Dans les commentaires, les parents évoquent des alternatives. "Mes enfants devront s'habituer à rentrer seuls pour la pause du midi, car à ce prix-là, pas de cantine", écrit l'un d'eux. "Inadmissible de prendre en otage les parents de cette façon avec une augmentation supérieure à 50%", dit un autre.

"Je sais qu’il y a d’autres parents de la commune qui ont fait un appel pour s’organiser entre parents et récupérer les enfants et les faire manger chez l’un ou chez l’autre", ajoute Ingrid Lopes.

"Les tarifs n'avaient pas été révisés depuis 2017"

De son côté, le maire (UDI) de la commune se défend et assume cette décision. "Elle a à voir avec le contexte d’inflation et le prestataire a déjà augmenté ses prix de 7% et on s’attend à une hausse supplémentaire d’une dizaine de points", affirme Jean-Pierre Barnaud.

Il évoque des explications supplémentaires, comme la loi Egalim qui impose des règles aux cantines scolaires et le fait que les tarifs n'avaient pas été révisés depuis 2017. Aussi, "c'est un choix politique, si on faisait autrement, on ne pourrait pas faire les investissements". "On a quand même construit une école neuve et on est en train d’en réhabiliter une autre", ajoute l'édile.

D'autres communes font des choix différents.

"Dans les retours qu’on a, il y a beaucoup de villes dans lesquelles, malgré l’inflation, cette hausse ne sera pas répercutée. On espère que les collectivités vont remplir leur rôle de service public", souligne Laurent Zameczkowski, porte-parole de la Peep, la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.

Le maire de Chennevières-sur-Marne, lui, fait valoir que les familles ne paient qu’une partie du prix total de la cantine, 12 euros par repas.

Martin Cadoret (édité par Astrid Bergere)