RMC

Hausse des prix de l'énergie: des salariés d'une fonderie votent pour le travail de nuit

Les salariés d'une fonderie de Tarascon-sur-Ariège ont voté ce jeudi après-midi en faveur de la proposition patronale pour travailler de nuit. Le but est de profiter de tarifs attractif du fournisseur d'énergie en heures creuses. Les salariés toucheront eux une prime d'horaires décalés.

C’est une conséquence directe de l'explosion du coût de l’énergie. Pour ne pas fermer son entreprise, le patron d'une fonderie de Tarascon-sur-Ariège (Ariège) a proposé à ses salariés de travailler la nuit. Son nouveau fournisseur d’énergie propose en effet des tarifs compétitifs pour les heures creuses. De quoi faire de sérieuses économies, alors que la facture avait été multipliée par dix pour cette année avec l’ancien fournisseur.

Les salariés ont voté jeudi après-midi en faveur de la proposition patronale qui va permettre de sauver une trentaine d’emplois de cette fonderie. Une réunion a été organisée sur le parking de la fonderie, avec une partie des salariés, et le directeur général de l’entreprise, Thierry Cavinato.

“Aujourd’hui, il a été proposé d’avoir des primes pour pouvoir travailler la nuit, pour pouvoir sauver l’entreprise sur le premier trimestre 2023 et limiter le coût de l’énergie", explique-t-il.

A l’issue d’un vote, le oui au travail de nuit l’a largement emporté. Une décision qui soulage Mélanie, salariée à la fonderie de Tarascon-sur-Ariège. “Cela va dans le bon sens. Si on ne fait pas ça, si on ne fait pas cette économie au niveau de l’électricité à ce moment-là, on n’y arrivera pas”, confie-t-elle.

Opposition de la CGT

Les horaires de nuit pour ceux qui travaillent près du four, Frédéric Diaz, délégué CGT, y est fortement opposé, même avec une prime importante pour ces horaires décalés. Selon lui, ce vote n’a aucun sens.

“C’est une mascarade. Ceux qui sont concernés n’ont pas voté, n’ont pas voulu voter, parce que justement, ils sont contre. Et après, on dit qu’on va faire faire fermer l’usine à cause de gens comme nous”, regrette-t-il.

Pour la direction, ce vote est un premier pas. Thierry Cavinato souhaite désormais finaliser les propositions. "Il faut aller vite, parce que 15 jours perdus, c’est déjà 50.000 euros de payés de trop", assure-t-il.

Le patron veut verrouiller le contrat avec le nouvel opérateur dans les plus brefs délais pour ne pas perdre les gros clients, comme Boeing ou Airbus.

Jean-Wilfrid Forquès avec Guillaume Descours