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"On est en train de crever": l'alerte des artisans et libéraux face à la hausse du carburant

Ils sont infirmiers, boulangers, artisans... Face à la hausse du prix des carburants, ils ne s'en sortent plus. Ils ont témoignés, ce matin, dans la Matinale week-end de RMC.

"Du foutage de gueule." Chez certains professionnels, la proposition de 15 centimes de remise par litre d'essence, proposée par Jean Castex ce dimanche, ne passe pas et pourrait avoir des conséquences concrètes.

Plus d'infirmiers à la campagne

Johan, infirmier libéral explique, ce dimanche dans la matinale week-end sur RMC, qu'il devra se passer de certains clients à cause de cette flambée des prix de l'essence:

"On a une indemnité de 2,5€ par passage et par patient. Dès qu'on fait un peu de kilomètre, en campagne, ça ne représente rien. Je suis perdant en allant chez certains. Certains patients je ne les prends pas, je ne les prends plus. Déjà isolé de médecin et de plein d'autre choses, il seront aussi isolés d'infirmiers", explique-t-il.

Pour lui, la remise de 15 centimes c'est "taxer un maximum les gens et leur rendre un minimum après, c'est nul." Il est d'accord avec un blocage des prix à la pompe. "Il faut arrêter de donner, donner, des aides avec des sous qu'on n'a pas. Ça va coûter des milliars pour rien."

"On est en train de crever"

Pierre est maréchal-ferrant. Cette mesure de Jean Castex, qui commcera le premier avril, est "une mauvaise blague", pour lui.

"On bosse pour que dalle", pour rien, explique-t-il: avec deux pleins par semaine pour le véhicule de travail, soit 200 euros par semaine, il ne s'y retrouve pas et ne peux pas répercuter cette hausse sur les clients. Couplée aux augmentations des matières premières, il constate que "travailler coûte de plus en plus cher" et estime que lui, ses fournisseurs, et autres artisants sont "en train de crever."

"Au moindre truc, on nous augmente le prix (de l'essence). On va être content de payer le gazole deux euros, le 1er avril ?", ironise-t-il. "C'est une folie !", conclut-t-il.

Plus de tournée du boulanger dans les villages

Ludovic est boulanger dans le Lot-et-Garonne. Il l'assure, à partir de ce lundi, il "arrête la tournée" dans les villages. Entre le prix de l'essence, du blé, et autres matières premières, il ne peut plus s'y retrouver.

Il est aussi dans l'impossibilité d'augmenter le prix de la baguette. Actuellement, en livraison, elle coûte un euro:

"Je ne vais passer la baguette à 1€10 car le jour où Leclerc à annoncé la baguette à 29 centimes, on a baissé notre chiffre d'affaire de 10%. Les gens n'ont plus d'argent et vont au moins cher."
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC