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Pourquoi la canicule est mauvaise pour l'économie

Selon des économistes du MIT, la productivité baisse environ de 1,5% par degré supplémentaire au-delà de 20°.

La canicule, ce n’est pas bon pour l’activité économique. Plus le mercure chauffe, plus la croissance ramollit. 70% des entreprises sont “météo-sensibles” et globalement la canicule a un impact négatif sur la production.

D’abord parce que les salariés sont moins efficaces. Si l’on en croit les éminents économistes du MIT, la productivité baisse de 1,5% environ par degré supplémentaire au-delà de 20°. Les secteurs les plus affectés sont le BTP, les transports, l’agriculture et la sylviculture.

Certains secteurs profitent de la canicule, mais pas au point de compenser ses effets négatifs. L’énergie au sens large par exemple, de la production d’électricité aux ventes de climatiseurs et de ventilateurs. RTE estime que chaque degré au-dessus des températures provoque une hausse des besoins identique à la consommation de Bordeaux.

Un impact sanitaire non-négligeable

Et puis les fortes chaleurs ont aussi un impact négatif sur la consommation. On constate en général une baisse des achats de vêtements, de produits alimentaires comme la viande, le chocolat, les surgelés, mais aussi des fruits et légumes, dont les prix flambent à cause des mauvaises récoltes. Là encore, certains secteurs tirent leur épingle du jeu. Les centres commerciaux climatisés, les cinémas. Certains produits cartonnent aussi: le gaspacho, la bière, le rosé. Pour ces produits, les ventes décollent au-delà de 22-23 degrés. Mais l’effet global est négatif. En août 2003, la consommation des ménages avait baissé de 2,7%.

Et puis surtout, il y a l’impact sanitaire. Entre 2015 et 2020, en raison des décès, des frais médicaux et de la perte de bien-être engendrée par les restrictions de déplacement et d’activités physiques, les canicules ont coûté en moyenne 814 euros par Français exposé, selon une étude publiée par Santé Publique France et l'université d'Aix-Marseille. Sachant que trois départements seulement n’ont pas été exposés à des canicules depuis 2015: la Côte d'Armor, le Finistère et la Creuse.

Emmanuel Lechypre