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En 2030, 120.000 personnes par an pourraient manquer sur le marché du travail

Selon un exercice prospectif du ministère du Travail (Dares) et de France Stratégie, 760.000 postes seraient à pourvoir chaque année, à compter de 2030, sur le marché du travail. Problème: seulement 640.000 jeunes débuteront l’emploi chaque année à l’horizon 2030.

Un trou d’air dans le marché du travail d’ici une dizaine d’années? D'ici 2030, 760.000 postes seraient en effet à pourvoir chaque année (dont neuf sur dix liés à des départs en retraite) pour seulement 640.000 jeunes débutant en emploi. Ces statistiques proviennent d’un exercice prospectif réalisé par le service des statistiques du ministère du Travail (Dares) et par France Stratégie, organisme de réflexion auprès du Premier ministre.

En faisant le bref calcul, on obtient donc une différence de 120.000 personnes, au total, qui manqueraient chaque année sur le marché du travail en 2030.

Sur le territoire national, ce sont les régions côtières de l'Ouest et du Sud de la France qui devraient connaître les plus gros déficits de main d'oeuvre d'ici la prochaine décennie. Les difficultés de recrutement devraient particulièrement s'aggraver en Bretagne (42% de l'emploi en tension croissante d'ici 2030), en Pays de la Loire (36%) et en Nouvelle-Aquitaine (33%).

À l'inverse, l'Île-de-France afficherait la plus faible part d'emploi en tension croissante (11%) en raison d'une démographie plus jeune.

Les aides à domicile particulièrement impactées

Avec ce véritable trou d’air dans le marché du travail, certains métiers seront en tension croissante, partout. Les conducteurs de véhicules par exemple, un secteur déjà en tension à l’heure actuelle. Les cadres administratifs et les cadres commerciaux aussi pourraient subir des manques de main d’oeuvre, imités par les agents d'entretien et les aides à domicile.

Pour ces aides à domicile, les postes non pourvus d'ici 2030 représenteraient ainsi entre un quart et la moitié des emplois actuels, contre 5% en moyenne pour l'ensemble des métiers.

Dans le cas des ingénieurs en informatique, les besoins non couverts représenteraient jusqu’à un tiers des emplois actuels en Bretagne, dans la région des Pays de la Loire, en Nouvelle-Aquitaine ainsi qu’en Occitanie.

Emmanuel Lechypre