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Faut-il supprimer la redevance audiovisuelle?

Chaque année, les contribuables déclarant posséder une télévision paient 139 euros de redevance audiovisuelle. Mais certains candidats à la présidentielle veulent en finir avec cet impôt.

Finie la redevance! À l'extrême-droite, on ne veut plus de l'impôt sur l'audiovisuel public. Marine Le Pen, la présidente du Rassemblent national, candidate à l'élection présidentielle, propose en cas de victoire de privatiser l'audiovisuel public et donc supprimer la redevance audiovisuelle. Eric Zemmour a également fait la même proposition.

En place depuis 1933, la redevance télé rapporte ces dernières années 3 milliards d'euros auprès de ceux qui déclarent une télévision et représente 83% des ressources financières des médias publics, coûtant 139 euros à chaque payeur. Impossible donc pour l'audiovisuel public de survivre sans. C'est d'ailleurs ce que souhaitent Eric Zemmour et Marine Le Pen qui veulent privatiser les médias publics.

Une réforme plutôt qu'une suppression ?

Paradoxalement, les chaînes privées comme TF1 et M6 sont totalement opposées à la suppression de ces aides pour leurs concurrents publics. Supprimer la redevance en maintenant France Télévisions reviendrait à financer le service public par la publicité. Cela augmenterait la demande d'espaces publicitaires de la part de France Télévisions réduisant le prix des 30 secondes de réclames que pourraient demander les chaînes privées explique sur RMC l'économiste Pierre Rondeau.

"La suppression de la publicité après 20h sur les chaînes de France Télévision par Nicolas Sarkozy répondait à une demande de TF1 et M6", précise-t-il. "La redevance permet de financer l'audiovisuel public et sa qualité. Si demain on retire la redevance, comment France Télévisions pourra se payer les droits de Roland-Garros. Il faut une réforme de la redevance", ajoute l'économiste.

En 2019, Gérald Darmanin avait évoqué une réforme de la redevance télé. Ministre des Comptes publics à l'époque, il avait assuré sur RMC qu'il pensait à "l'adresser autrement", évoquant beaucoup de fraudes et la grande diversité des plateformes utilisées pour regarder la télévision. "Ça pose la question de la réforme de France Télévisions et de Radio France. Donc c'est facile à dire mais pas à faire", avait-il conclu.

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Guillaume Dussourt