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Fusillade à Paris: garde à vue prolongée pour le tireur, le mobile raciste retenu dans l'enquête

Des coups de feu ont été tirés rue d'Enghien, à Paris, le 23 décembre 2022.

Des coups de feu ont été tirés rue d'Enghien, à Paris, le 23 décembre 2022. - BFMTV

L'homme qui a tué trois personnes et fait trois blessés hier à Paris, rue d’Enghien, est toujours en garde à vue, celle-ci ayant été prolongée samedi midi selon le parquet. Ce samedi, on en sait un peu plus sur sa personnalité et ses antécédents judiciaires puisqu'il était déjà connu de la justice.

La garde à vue du tireur de 69 ans, William M., qui a tué trois personnes et blessé trois autres devant les locaux du Conseil démocratique kurde en France, rue d'Enghien, a été prolongée samedi midi, selon des informations de l'AFP obtenues auprès du parquet de Paris.

De plus, le mobile raciste a bien été retenu dans l'enquête en cours, dirigée par la procureure de la République de Paris. Les investigations portent désormais sur des faits d'assassinats, tentatives d'assassinat, violences avec arme et infractions à la législation sur les armes à caractère raciste.

"L'ajout de cette circonstance ne modifie pas la peine maximale encourue, qui demeure la réclusion criminelle à perpétuité", a précisé le parquet.

Lors de son interpellation, le suspect a indiqué à un policier avoir agi parce qu'il était "raciste", selon une source proche du dossier citée par l'AFP et confirmant des informations de BFM TV et du JDD. Cet élément concorde aussi avec les affirmations de Gérald Darmanin, qui avait expliqué vendredi devant la presse que le tireur avait voulu "manifestement s'en prendre à des étrangers".

On en sait un peu plus sur l’auteur de la fusillade de la rue d’Enghien. Le suspect, William M., ancien cheminot de 69 ans, était sous contrôle judiciaire lors des crimes perpétrés vendredi à Paris.

L’homme était tout juste sorti de prison, il y a une dizaine de jours, après avoir passé une année en détention provisoire. Il est déjà poursuivi pour avoir attaqué un camp de migrants, l’an dernier à Paris, une attaque à coups de sabre qui avait fait deux blessés. Un acte raciste caractérisé, pour lequel il n’a pas encore été jugé.

Le suspect est inconnu des fichiers du renseignement territorial et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué également ne pas disposer d'informations qui relieraient le suspect à des faits antérieurs liés à l'ultradroite.

La piste d'un attentat terroriste a, elle, été écartée à ce stade des investigations, selon la procureure.

Le suspect avait sur lui des dizaines de munitions

Une enquête a été ouverte pour assassinat, tentative d'assassinat, violences volontaires avec armes et infraction à la législation sur les armes.

Retraité, le suspect est un tireur sportif ayant déclaré « de nombreuses armes », a précisé Gérald Darmanin vendredi. Lors du passage à l’acte, il a tiré en pleine rue avec un pistolet Colt 45. D’après nos informations, il avait sur lui quatre chargeurs, ainsi que des dizaines de munitions de gros calibre, du 11.43 notamment… alors que son contrôle judiciaire lui interdisait pourtant d’avoir une arme.

Hier, les enquêteurs de la brigade criminelle ont perquisitionné son appartement, situé à un quart d’heure à pied de la rue où il a ouvert le feu.

L'émotion a gagné la communauté kurde très présente dans ce quartier, qui a évoqué un acte "terroriste" et mis en cause la Turquie. De violents incidents ont éclaté avec les forces de l'ordre, et une personne a été interpellée, a indiqué à l'AFP une source policière.

Le préfet de police Laurent Nuñez doit recevoir samedi matin des responsables de la communauté kurde, qui ont par ailleurs annoncé une manifestation à la mi-journée à Paris.

Guillaume Biet, avec Alexis Lalemant et l'AFP