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Jean-Luc Mélenchon: "Lundi matin, j’attendrai le coup de téléphone du président"

Invité d'Apolline de Malherbe ce vendredi matin sur RMC et BFMTV, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur la visite d'Emmanuel Macron en Ukraine. Il a aussi assuré qu'il croyait toujours en une victoire aux législatives dimanche.

Il s'est officielement déclaré lui-même comme candidat au poste de Premier ministre. Pour cela, il faudra que l'alliance de la gauche, la Nupes, ait la majorité à l'Assemblée après les élections législatives de dimanche. Jean-Luc Mélenchon a répondu aux questions d'Apolline de Malherbe ce vendredi matin sur RMC et BFMTV. Et pour lui, le second tour s'annonce très serré.

La candidature de l'Ukraine à l'entrée dans l'Union européenne: "On ne peut qu’approuver, mais doucement avec les enthousiasmes soudains"

"Ça ne mange pas de pain. La procédure dont il est question, c’est: un pays s’inscrit comme candidat à l’adhésion. Donc c’est vraiment le démarrage. Le président Macron lui-même avait dit qu’il y en avait au moins pour une décennie. Dans le moment, c’est une démarche un peu symbolique pour dire aux Russes ‘on ne lâchera pas l’Ukraine, l’Ukraine est des nôtres’ et ainsi de suite. Ça, on ne peut qu’approuver. Maintenant, doucement avec les enthousiasmes soudains. Pour ma part, je ne voterai aucune nouvelle adhésion à l’UE sans harmonisation sociale. Le président a même évoqué la Moldavie comme potentiel candidat. Aujourd’hui, le salaire minimum ukrainien, c’est 138 euros. Le Smic de Moldavie, c’est 50 euros. Si vous voulez organiser une énorme dépression de dumping social, il n’y a qu’à faire ça."

La visite d'Emmanuel Macron en Ukraine en plein entre-deux-tours: "Il considérait que l’élection législative était une formalité administrative"

“Je ne pense pas du tout qu’il s’agisse d’un hasard de calendrier, je ne pense pas non plus qu’il s'enfuit. Je pense juste qu’il considérait que l’élection législative était une formalité administrative. Il pensait que, dès lors qu’il aurait gagné face à Marine Le Pen, c’était réglé. Et donc il y a plusieurs mois qu’ils ont prévu ce voyage. Alors comme un voyage comme ça ne s’annule pas, même s’il avait voulu rester, il ne pouvait plus. Donc il est parti. Et en partant, il a fait une déclaration sur un tarmac, puis sur un autre. Et nous avons eu un échange à distance. Quand il était sur le tarmac en France, il est le président, je suis dans l’opposition, c’est bien normal que je le pique. Quand c’était à l’étranger, j’ai trouvé ça un peu inélégant mais passons. Mais mon souci est que les Russes et monsieur Poutine n’aillent pas croire qu’entre les Français, il y a une faille. Non, tous les Français, tous les dirigeants politiques français, absolument tous, sont contre l’invasion de l’Ukraine et exigent du gouvernement de monsieur Poutine qu’il retire ses troupes, et qu’il cesse ce que l’on peut maintenant appeler des crimes de guerre”.

Les votes du premier tour: "J'ai raison de mettre en cause la manière dont le décompte a été fait"

“Monsieur Darmanin est un personnage très agité. (Gérald Darmanin qualifie Jean-Luc Mélenchon de 'complotiste') Pourquoi complotiste? Dans ce pays, si on critique un ministre, c’est du complotisme? Monsieur Darmanin a d’abord essayé de nous empêcher de nous appeler Nupes et de nous compter comme Nupes. Ensuite, quand il y a eu les décomptes dimanche soir, comme il lui fallait absolument afficher au minimum l’égalité entre LREM et nous, ils ont commencé à retirer des gens des totaux. Vous avez un journal qui n’est pas forcément ami de la Nupes, qui est le journal Le Monde, qui a fait le même compte que nous. Donc j’ai raison de mettre en cause la manière dont le décompte a été fait”.

Son accusation envers le gouvernement de vouloir augmenter la TVA

“C’est une analyse. Pourquoi seront- ils obligés d’augmenter la TVA? Parce que la commission européenne a fait la recommandation à deux ou trois reprises en 2012, 2013, 2016 et en 2017, d'augmenter la TVA pour augmenter les ressources de l’Etat.

Le verdict du second tour: "La situation est extrêmement équilibrée et nous pouvons gagner"

“Lundi matin, je serai chez moi, j’attendrai le coup de téléphone du président de la République pour me demander de former le gouvernement. Pourquoi n’y croirais-je pas? Les macronistes sont dans 417 circonscriptions, dont un certain nombre en face de la droite. Personne ne va nous faire croire qu’ils vont gagner toutes ces circonscriptions. Nous sommes dans 406 circonscriptions. Autrement dit, entre eux et nous, il y a 11 circonscriptions d’écart, pourquoi voudriez-vous qu’ils aient gagné d’avance? Ce n’est pas vrai. La situation est extrêmement équilibrée et nous pouvons gagner dimanche."

Guillaume Descours