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"La vie démocratique, ce n’est pas tous les cinq ans": le RIC, nouvel enjeu de la présidentielle

Avant le second tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont tous deux évoqué le RIC, le Référendum d'initiative citoyenne. Car le principe d'une consultation nationale sur des sujets de société, remis au goût du jour par les gilets jaunes en 2018, plairait à 75% des Français.

Les Français veulent-ils être plus souvent sollicités? La question du Référendum d’initiative citoyenne, le RIC, sur un sujet précis comme l’euthanasie ou la retraite à 65 ans, s’invite dans la campagne. À Bagneux (Hauts-de-Seine), Christian, 39 ans, est pour et aimerait que la question de l’encadrement des loyers soit soumise au référendum, précisant ensuite que le RIC devrait exister en France depuis longtemps: "Les politiciens sont dans une autre sphère et les Français ont besoin de se faire entendre sur des sujets qui les concernent au quotidien et même dans leur futur".

Le référendum d'initiative citoyenne, ou RIC, l'une des principales revendications du mouvement des Gilets jaunes en 2018, est devenu l'un des sujets phare de cette campagne présidentielle. En déplacement mardi dans l'Eure, Marine Le Pen a présenté sa propre version de son RIC, qu'elle appliquera si elle est élue. Une possibilité de référendum si au moins 500.000 citoyens se mobilisent. De son côté, Emmanuel Macron n'est pas un grand partisan du RIC. Il lui préfère la concertation et avance l'idée d'un "grand débat permanent". Le président sortant a tout même estimé lundi qu'il n'excluait "pas le référendum, pour quelque réforme que ce soit".

Benjamin, psychologue, est un fervent défenseur du RIC: "La vie démocratique, ce n’est pas tous les cinq ans. Avec les moyens techniques comme Internet, on peut imaginer que cela peut être assez facile finalement de consulter les gens". Jeune retraitée, Emmanuelle est plus nuancée sur la question: "Cela pourrait être une bonne idée mais à dose homéopathique. Cela veut dire qu’un référendum toutes les semaines, tous les 15 jours, non. Mais oui, si un sujet très important divise la population, à ce moment-là pourquoi pas", assure-t-elle.

"Je n’ai pas envie d’aller voter tous les week-ends"

Des référendums trop réguliers, c’est justement ce qui pose problème à Annick: "Je n’ai pas envie d’aller voter tous les week-ends. Il faut regarder le taux d’abstention déjà. Je connais des gens qui ne votent pas à la présidentielle, encore moins aux législatives, alors aux référendums...".

Si tous les électeurs rencontrés connaissent et parlent facilement de ce RIC, c’est aussi parce qu’en France, l’idée n’est pas nouvelle. "Tous les sondages, depuis maintenant 11 ans, donnent un taux d’approbation pour le RIC d’environ 75%. Cela permet à chacun de proposer une loi et ensuite de la voter. Cela produit un élargissement du droit d’initiative et du vote des lois qui est réservé aujourd’hui aux parlementaires. Pour cette raison, il est beaucoup plus populaire chez les électeurs que les élus", explique Raul Magni-Berton, politologue et professeur d’université. Il rappelle qu’en Suisse, ce referendum existe depuis près de 150 ans.

Actuellement, en ce qui concerne les projets de loi, les textes qui ne modifient pas la Constitution, seuls ceux relatifs "à l’organisation des pouvoirs publics et la politique économique, sociale et environnementale", peuvent être soumis au référendum, selon l’article 11.

Florian Chevallay et Aymeric Dantreuil (avec Guillaume Dussourt)