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Le FN est un parti qui a 40 ans et qui a peut-être besoin d’un peu de renouveau

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Dimanche, Marine Le Pen s’est inclinée au second tour de l’élection présidentielle face à Emmanuel Macron. Dans son discours, elle a annoncé la création d’une "alliance patriote et républicaine".

Le Front national se dirige-t-il vers une refondation? C’est le sens de la déclaration de Marine Le Pen quelques minutes après sa défaite au second tour de l’élection présidentielle face à Emmanuel Macron. Pour Gaëtan Dussausaye, directeur national du FNJ, il faut "un peu de changement".

Quel est le sens de l’annonce de "l’alliance patriote et républicaine" annoncée par Marine Le Pen dimanche soir, quelques minutes après sa défaite contre Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle?

C’est l’alliance qui s’est consolidée entre les deux tours, avec le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan. Au premier tour, nous étions approximativement à 7,6 millions de voix. Cette fois, nous sommes au minimum à 11 millions de voix. Ça veut dire qu’il y a énormément d’électeurs qui nous ont rejoints dans l’entre-deux tours et qui n’avaient pas forcément choisi notre candidate au premier tour. Il est évident qu’il faut qu’on se mette dans les circonstances pour pouvoir accueillir ces nouveaux électeurs. Les Français ont fait la démonstration qu’ils souhaitaient un véritable rassemblement des patriotes. Il a débuté avec l’élection présidentielle et il va se renforcer dans les semaines à venir avec les élections législatives. Nous nous mettons en disposition, pour renouveler toutes les structures, notamment les structures partisanes d’un parti politique, pour les accueillir.

Le Front national était trop petit, trop étroit pour ces nouveaux électeurs?

C’est un parti qui a 40 ans, qui a peut-être besoin d’un peu de renouveau, d’un peu de changement pour permettre ce grand rassemblement qui est appelé par un grand nombre de personnes. Sur les critères, la mise en pratique, nous allons nous concerter dans les semaines et les mois à venir. Tout cela sera tranché par un congrès que nous réunirons certainement d’ici la fin de l’année.

Cette alliance patriote et républicaine est-elle est réalisable dans un parti où il y a des tiraillements forts entre certains courants et certaines personnes?

Je passe énormément de temps avec les militants, il se trouve que les divergences dont les médias n’ont de cesse de nous parler, je n’en entends jamais parler chez nous. Il n’y a absolument aucun souci, nous sommes tous unis derrière le projet patriote de Marine Le Pen qui consiste à défendre la France, son identité, qu’elle soit sociale ou culturelle. C’est ça qui nous rassemble. Tous les patriotes qui ont à cœur de défendre ce qui fait la France sauront trouver leur place dans ce nouveau mouvement. D’un côté vous avez des personnes qui veulent effacer ce qui fait la France, ce sont Emmanuel Macron et ses soutiens. Et de l’autre il y a ceux qui veulent protéger cela.

Cette évolution du Front national elle passe par un changement de nom?

Changement de nom, pourquoi pas… On en discutera entre nous. Mais si le changement de nom peut être suffisamment symbolique pour permettre la concrétisation de ce renouvellement, je n’y suis à titre personnel absolument pas opposé.

Concrètement, un changement de nom ferait moins peur à ceux chez les Républicains qui envisageraient de vous rejoindre?

Chez les Républicains, mais ailleurs aussi il y a des patriotes sincères. Nous l’avons vu avec Nicolas Dupont-Aignan. Il existe des patriotes qui ont pu voter François Fillon au 1er tour, mais également pour Jean-Luc Mélenchon. C’est à ces gens-là que nous nous adressons.

Propos recueillis par Antoine Maes