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LR: Eric Ciotti tacle "l’échec personnel de Valérie Pécresse" à la présidentielle

Finaliste du congrès des Républicains pour la candidature à la présidentielle, battu par Valérie Pécresse, Eric Ciotti dénonce ce jeudi sur RMC-BFMTV "l’échec personnel" de sa rivale et compte "porter un message de droite assumé" dans la course à la présidence du parti.

Eric Ciotti va-t-il briguer la présidence de LR ? "Je n’ai pas pris ma décision", assure le député des Alpes-Maritimes, mais sa réflexion est en revanche totalement aboutie sur les raisons du fiasco du parti à la dernière élection présidentielle. Finaliste du congrès, devancé par Valérie Pécresse, qui a seulement recueilli 4,8% au premier tour et a dû lancer un appel aux dons pour le remboursement des frais de campagne, Eric Ciotti rejette l’essentiel de la responsabilité sur l’ex-candidate.

"Nous avons subi un terrible échec, explique-t-il ce jeudi sur RMC et BFMTV. C’est pour ça que j’ai gardé le silence, parce qu’il fallait réfléchir à tout cela. Je crois que c’est d’ailleurs plus l’échec personnel de Valérie Pécresse, du fait d’une mauvaise campagne. Ça n’a pas fonctionné entre les Français et elle. Elle a une responsabilité, on a une responsabilité collective. J’avais porté un message différent, beaucoup plus à droite. Mon message est un message de profonde rupture, sur les questions régaliennes ou économiques. Ce projet (de Valérie Pécresse, ndlr) n’a pas été assez audacieux."

Eric Ciotti pourrait donc tenter d’imposer sa ligne à la tête des Républicains. "Aujourd’hui, il faut reconstruire notre famille politique, reconstruire la droite, souligne-t-il. Il faut que la droite porte une voix de réforme, de vérité, de capacité à gouverner. Il faut que les électeurs de droite se retrouvent dans une offre moins dispersée. En tout cas, moi, je prendrai ma part. Je n’ai pas pris ma décision. J’en discute avec Laurent Wauquiez. Je ne laisserai pas faire n’importe quoi."

"Nous ne sommes pas un parti centriste"

La solution pourrait-elle être de former une sorte de duo, avec Eric Ciotti à la présidence de LR et Laurent Wauquiez en candidat pour la prochaine présidentielle en 2027 ? "Nous verrons, je ne dis pas non, répond Eric Ciotti. Il faut que notre famille politique assume une vraie politique de droite, n’ait plus honte d’être de droite, ne s’excuse pas… Nous ne sommes pas un parti centriste. Je crois que nous avons sans doute trop dérivé au cours de certaines années. Je veux porter un message de droite assumé, fort. Je suis descendu dans l’arène au moment du congrès, avec un certain succès. Après, tout le monde s’est ligué contre moi. On a vu le résultat."

"Je suis un homme de droite, ajoute le député, réélu dans les Alpes-Maritimes face à un candidat soutenu par la majorité et le maire de Nice Christian Estrosi. J’ai reçu un message très clair des électeurs. Je me suis battu contre ce pouvoir, sans concession, sans compromission, face aux trahisons de certains. J’assume cette ligne, je n’en ai jamais changé. J’ai la conviction profonde que c’est la bonne pour notre pays, qui va mal. Le robinet d’eau tiède, la politique du plus petit dénominateur commun où on ne dit plus rien, où on n’ose plus rien, je crois que ce temps est révolu face à la gravité du moment."

Quel "champion" pour LR en 2027 ?
Présidente par intérim des LR, Annie Genevard a estimé qu’il fallait trouver "un champion" pour la présidentielle de 2027. Et il y a un nom qui revient avec insistance: Laurent Wauquiez. Très populaire auprès des militants, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est aussi attendu comme le messie chez pas mal de poids lourds du parti. "C’est le mieux placé, il faut qu’il y aille", nous dit un député LR. Mais tout est une question de timing. "il a l’inquiétude de ne pas trop s’exposer pour 2027", explique un de ses proches. Alors il cherche à sortir au bon moment, "soit avant les Européennes de 2024, soit après, encore faut-il que personne ne surgisse d’ici là !". Et a-t-il des concurrents ? Il y a bien l’hypothèse Xavier Bertrand, mais pour un élu LR, "il ne va pas y aller, il perdrait". David Lisnard, le président des maires de France, est "trop solitaire", répond ce même député. Quant à Aurélien Pradié, "c’est un risque pour le parti" estime un élu, "il hystérises les choses".
(HT)

LP