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Macron, Ukraine, tacles de la gauche... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon était l'invité de RMC-BFMTV ce vendredi, dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle.

Cette fois-ci, c'est la bonne? Jean-Luc Mélenchon était à 600.000 voix d'accéder au second tour de l'élection présidentielle de 2017. Cette année, les sondages le placent en troisième position pour le premier tour qui se déroulera dimanche, derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Invité de RMC-BFMTV ce vendredi dans la dernière ligne droite de la campagne, le candidat de la France a jeté ses dernières cartes pour tenter de convaincre les Français de voter pour lui.

Tacles venant de la gauche: "J'ai la langue qui pique, mais je ne réponds pas"

Yannick Jadot et Anne Hidalgo se sont montrés particulièrement durs avec lui ces derniers jours. Mais Jean-Luc Mélenchon préfère prendre de la hauteur: "Je ne réponds pas. Et ce n'est pas facile car j'ai la langue qui me pique, car des réponses, je pourrais en donner 10 et qui remettraient tout le monde à leur place. Je ne veux pas répondre à ça car ça pousse à la résignation. Ce n'est pas le moment. Nous avons besoin au contraire de mobiliser."

Ukraine: "Il s'y commet des crimes de guerre"

"Je n'ai jamais été opposé aux sanctions. Je suis partisan de sanctions efficaces qui isolent le gouvernement russe. Il faut taper le cœur du système, sinon ils ne cèderont pas. (...) Cela fait 10 ans que je dis que ça va mal tourner à cause des frontières. Ce n'est pas M. Poutine qui décide de ce qui se passe sur le continent."

Hausse des prix: "C'est à cause de la spéculation"

"Il n'y a pas de pénurie, c'est purement spéculatif. L'Opep pourrait sortir plus de barils. Je bloquerai les prix à 1.40 euros le litre. Il faut faire un panier de produits (à bloquer). On peut bloquer les prix légalement, article 410-2 du code du commerce. Le président doit le savoir vu qu'il l'a fait pour les masques et le gel hydroalcoolique."

Profits du CAC40: "Je ne serai pas confiscatoire"

"Tout le monde a perdu de l'argent pendant la crise Covid, les PME. Pas les très grandes. Comme c'est année blanche pour les uns, ça doit être année blanche pour les autres. Mais je ne serai pas confiscatoire, il y a un capital, investi, nous sommes toujours dans une société capitaliste. Au début on disait qu'on prendrait tout ce qui est au dessus de l'inflation, remis en circulation dans l'économie. On m'a dit que j'y allais trop fort. On a coupé la poire en deux: on prendra la moitié. Quand on est en période de crise, tout le monde peut mettre la main à la poche."

Corse: "On a intérêt à un geste d'apaisement"

"On a intérêt à un geste d'apaisement. A un moment, dans la vie, il faut savoir faire redescendre les conflits. L'Etat a un devoir d'assurer la sécurité des détenus. On ne peut pas accepter que parce que c'est M. Colonna on puisse le tuer. La scène a duré plusieurs minutes, la responsabilité de l'Etat est engagée."

Mort de Samuel Paty: "La famille a raison de porter plainte"

"Je leur donne raison. Au minimum il y a une faute, la famille a raison de porter plainte. Dans chaque cas il faut faire preuve de fermeté d'une manière constante. L'Etat doit être exemplaire, c'était peut-être dur, exigeant, mais il dit être exemplaire ou il n'est pas l'Etat de tous les Français."

VIe République: "La monarchie présidentielle est à bout de souffle et devient ridicule"

"Je propose de convoquer une assemblée constituante. La monarchie présidentielle est usée, à bout de souffle, ça tourne au ridicule. On voit combien confier tant de pouvoir à un seul homme finit mal. La nation française a besoin de se ressourcer."

2e tour: "Les consignes n'ont plus de sens"

Jean-Luc Mélenchon assure qu'il ne donnera pas de consignes de vote s'il n'accède pas au second tour. "Les consignes n'ont plus de sens aujourd'hui. Pourquoi je fracasserai ce que j'ai construit en donnant une consigne qui de toute façon ne fera pas l'unanimité? J'ai toujours dit qu'on ne donne pas de voix à l'extrême droite. Mais je ne me donne pas un droit que je n'ai pas. Ce ne serait pas une bonne idée pour moi de me tirer une balle dans le pied."

J.A.