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Présidentielle: "Il n'y a pas de journalistes chez Quotidien", lance Marine Le Pen

Ce mardi, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a estimé que les journalistes de Quotidien n'étaient justement pas des "journalistes", justifiant l'absence d'accréditation accordée au média.

En conférence de presse ce mardi, la candidate RN à l'élection présidentielle Marine Le Pen a assumé le bannissement des journalistes de Quotidien, l'émission diffusée sur TMC, une chaîne du groupe TF1, des rassemblements de son parti.

Marine Le Pen était interrogée par un journaliste d'Arrêt sur Images sur les relations parfois houleuses entre le Rassemblement national et la presse. "Je n'ai jamais entendu, je crois, aucun de vos confrères se plaindre de la manière dont ils étaient traités dans cette campagne présidentielle, même si c'est parfois assez difficile compte tenu du nombre", a-t-elle lancé depuis Vernon dans l'Eure où elle tenait une conférence de presse sur les institutions et la vie démocratique.

Interrogée sur le traitement particulier des journalistes de Quotidien, pas accrédités aux réunions et conférences de presse de Marine Le Pen, elle a assuré qu'ils n'étaient pas journalistes: "Il n'y a pas de journalistes chez Quotidien. Ce n'est pas une émission d'information. Quotidien, c'est un amuseur, parfois très drôle d'ailleurs. Il y a parfois tellement de monde, que nous préférons accréditer les journalistes que des amuseurs", a-t-elle lancé.

Un vieux litige

"Je suis chez moi donc dans mon QG et dans mon mouvement, c'est moi qui décide et j'assume. J'ai décidé il y a plusieurs années de ça, que Quotidien était une émission de divertissement et que je n'avais pas à les accréditer", a-t-elle ajouté, assurant ne pas avoir de problèmes avec d'autres médias.

Pourtant en septembre 2019 déjà, le Rassemblement national avait temporairement retiré son accréditation à un journaliste de Libération à l'occasion de l'université d'été du parti à Fréjus (Var). Il était reproché au quotidien la diffusion d'un portrait du maire RN de la ville.

Plus récemment, c'est à Mayotte en décembre dernier, que le parti d'extrême-droite a eu maille à partir avec la presse. Le média local Mayotte Hebdo avait dénoncé l'interdiction faite par le Rassemblement national à un de ses journalistes de continuer à suivre la campagne de Marine Le Pen sur l'île, rappelle l'AFP ce mardi.

En janvier 2017, lors d'une visite de Marine Le Pen au Salon des entrepreneurs, Paul Larrouturou, un journaliste de l'émission Quotidien, avait été violemment expulsé par deux membres du service de sécurité du salon. Il venait de poser une question à Marine Le Pen sur l'emploi fictif supposé de son garde du corps, avant d'être éjecté manu militari de la salle, malgré son accréditation.

Guillaume Dussourt