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Présidentielle: "Je voterai blanc", les explications de Gilles Platret (LR)

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, le vice-président de LR et maire de Chalon-sur-Saône Gilles Platret a expliqué sa position pour le second tour de l’élection présidentielle. Il votera blanc.

Ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen. Maire de Chalon-sur-Saône, vice-président de LR, Gilles Platret ne votera pas pour l’un des candidats au second tour de l’élection présidentielle le 24 avril. "Je voterai blanc, explique-t-il ce mardi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story, au surlendemain du fiasco de la candidate de son parti, Valérie Pécresse (4,78%). Je l’ai déjà fait il y a cinq ans. Il faut être cohérent, on est adversaire jusqu’au bout. Les Français trouvent que tout cela sent le tripatouillage. Ce n’est jamais bon pour la démocratie."

Pour lui, "voter Le Pen, c’est complètement exclu". "Jamais les Républicains ne pourront prôner un vote pour le clan Le Pen, ajoute-t-il. Ce n’est pas possible dans notre ADN. A moins de 5%, je pense qu’on pouvait avoir la modestie de ne pas donner de consigne de vote. La première pierre de la reconstruction de la droite républicaine, ce n’est pas d’appeler à voter pour Emmanuel Macron. De toute façon, à l’issue du deuxième tour, nous serons dans l’opposition. J’estime, moi, que le premier acte ne peut pas être d’appeler à voter pour l’un ou pour l’autre."

"Maintenir une unité jusqu’aux législatives"

Après son échec dimanche soir, Valérie Pécresse a annoncé qu’elle voterait pour Emmanuel Macron au second tour et incité ses partisans à en faire de même. Les Républicains ont eux décidé à l’issue de leur comité stratégique d’appeler à ne pas voter pour Marine Le Pen, tout en ne donnant pas de consigne de vote. C’est l’avenir du parti qui est en jeu.

"La réponse va venir après les législatives, assure Gilles Platret. Si on se retrouve à dix ou vingt députés au mois de juin, le mal aura été profond. Ce n’est pas uniquement une histoire de stature, mais de philosophie politique. Quel est aujourd’hui notre ADN ? Est-ce que nous existons encore dans le paysage politique français ? Est-ce que ce que disent les Républicains parle encore au cœur des Français ? En tout cas, pas à 95% d’entre eux. C’est ça, l’enjeu."

"On a intérêt à maintenir une unité dans notre parti jusqu’aux législatives, prévient le maire de Chalon-sur-Saône. L’avenir passera par un débat sur la ligne idéologique. Si on met une nouvelle fois la poussière sous le tapis, ça sera terminé."

L’appel aux dons de Valérie Pécresse

Valérie Pécresse, qui s’est endettée personnellement à hauteur de 5 millions d’euros, ne touchera pas le remboursement des frais de campagne accordé par l’Etat aux candidats qui dépassent les 5% au premier tour de l’élection présidentielle. Elle a donc lancé un appel aux dons, auquel participera Gilles Platret, même s’il n’a pas été convaincu par la campagne de la présidente de la région Ile-de-France. "Je n’ai pas soutenu la candidate d’une manière très appuyée, reconnait-il. Je lui ai dit pourquoi, je pense qu’elle n’a pas fait la bonne campagne. Mais oui, je participerai. Beaucoup de militants aussi, je pense. Il y a la politique, l’avenir de notre formation, et il y a un système qui fait que vous êtes candidat, vous avez de la difficulté à trouver des banques qui vous prêtent pour faire campagne. Quand vous avez un très mauvais résultat, vous n’êtes pas remboursé par l’Etat. Il y a un problème personnel auquel je ne peux pas rester insensible."

LP