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Présidentielle: pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la bataille du second tour a déjà débuté

A l’approche du premier tour de l’élection présidentielle (10 avril), certains stratèges sont déjà dans une autre bataille. Celle du second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Beaucoup de candidats à l’élection présidentielle ont la tête dans le guidon, avec le 1er tour en perspective (10 avril). Mais chez Marine Le Pen et Emmanuel Macron, l’heure est déjà à la construction de la stratégie d’entre-deux-tours. Et les plus confiants, ou ceux qui gonflent le plus les muscles aujourd’hui, sont les cadres du Rassemblement national.

"Marine Le Pen est sérieuse, incollable. Prête, sans faille. Je pense qu’on va gagner" dit à RMC l’un des plus proches collaborateurs de la candidate. Un stratège qui imagine déjà la campagne d’entre-deux-tours: "On va tendre la main à tout le monde. On est le bloc populaire contre le bloc élitaire. On va faire une campagne lumineuse et optimiste".

Comprendre, une campagne très loin de celle d’Eric Zemmour. Marine Le Pen pourrait d’ailleurs ne plus se rendre dans les villes détenues par son propre parti, dans la dernière ligne droite de sa campagne, pour montrer qu’elle n’est plus la candidate d’un clan mais la candidate du peuple.

"Si elle est au second tour, on va vraiment se faire peur"

Du côté des équipes d’Emmanuel Macron, au moment où les courbes se resserrent au second tour et alors qu’un sondage donne même Marine Le Pen à 47%, c’est l’inquiétude qui commence à s’installer dans le camp de celui qui avait pourtant promis de réduire le poids du Rassemblement national il y a cinq ans.

"Si elle est au second tour, on va vraiment se faire peur. Elle a potentiellement un réservoir de voix et on ne sait jamais comment peut tourner une campagne, confiait ce lundi à RMC un proche d’Emmanuel Macron. Son programme est social. C’est le socialisme pour les Français et c’est très à droite sur l’immigration. Elle développe une offre politique qui a un vrai électorat en Europe et en France."

Le clan Macron est aujourd’hui dans une forme de dramatisation des enjeux. "Ce n’est pas plus mal que les uns et les autres commencent à se faire peur", explique un cadre de la campagne qui constate encore "une forme de sur-confiance".

"C’est elle qui a le plus de contacts avec le Kremlin"

Alors, dans la dernière ligne droite, les principaux favoris vont-ils changer de stratégie ? Du côté d’Emmanuel Macron, l’idée est de tout faire pour mobiliser. Le meeting de ce week-end à Paris La Défense, qui doit rassembler entre 30 et 40.000 personnes, est fait pour ça. "Une campagne, ça se gagne. Rien n’est joué", assure-t-on dans l’entourage du président.

Le clan Macron veut aussi taper fort sur la proximité de Marine Le Pen avec Vladimir Poutine: "Elle a joué les gilets par balles de Zemmour sur la Russie, mais c’est elle qui a le plus de contacts avec le Kremlin". Du côté de chez Marine Le Pen, l’idée est de faire du deuxième tour un référendum anti-Macron. "Notre challenge, c’est de rassembler tous ceux qui n’aiment pas Macron", explique un acteur de la campagne qui insiste sur un point: "Il est aujourd’hui bien plus détesté que Marine Le Pen. Pour moi, elle est imbattable".

Jérémy Trottin