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"J'aimerais bien aller à l'école": victime de harcèlement scolaire, il est déscolarisé depuis 2 ans

Victime de harcèlement scolaire depuis le CE1, Ruben (12 ans) est déscolarisé depuis deux ans. Aujourd'hui, c'est sa mère qui lui fait l'école à la maison. Mais elle aimerait que les pouvoirs publics s'engagent plus sérieusement contre le harcèlement à l'école.

Depuis deux ans, Ruben est déscolarisé. La tête penchée sur une feuille, il dessine calmement. Et pourtant, il assure avoir "de la colère, beaucoup de colère". A 12 ans, Ruben peine à raconter à RMC sa scolarité blessée.

C’est en CE1 que tout commence, avec des moqueries. Puis la solitude du petit garçon inquiète sa mère Marie. "J'interpelle la maîtresse à plusieurs reprises. Mais un jour, Ruben se fait taper dans les couloirs en descendant l'escalier et elle me dit 'tant que ça ne saigne pas, ce n'est pas grave'", raconte-t-elle.

Marie parle d’un déni des enseignants, et de son désarroi: "Je n'ai pas pu l'aider à ce moment-là, quand ça a commencé, et à un moment je ne l'ai pas cru, je ne l'ai plus cru. On se dit 'peut-être que le problème, c'est moi, peut-être qu'il met des choses en place pour ne pas aller à l'école'. Là, c'est une culpabilité. Puis j’ai la sensation d'être bonne à rien", déplore-t-elle, à l'occasion de la 10e journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire.

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Les appels à l'aide en hausse de 300%

Après trois écoles et d’énièmes violences, elle finit par déscolariser son fils et quitte son travail pour lui faire cours, tant qu’elle peut. Tous deux sont pris en charge par l'association "Marion la main tendue". Aujourd'hui, Marie s’émeut, et lui reste de marbre: "J'aimerais bien aller à l'école comme tout le monde, travailler, jouer avec des amis tranquillement", assure-t-il.

Ruben devrait être rentré en 6e mais il attend toujours une place dans un collège. Sa mère se dit écœurée. "Il faut plus d'actes du gouvernement, car nos enfants sont les adultes de demain", appelle-t-elle.

Il y a une "prise de conscience", a pourtant assuré ce lundi le ministre Pap Ndiaye à l'issue d'une visite avec Brigitte Macron dans un collège de Seine-et-Marne. Pourtant, les associations dénoncent toujours un manque de moyens: entre juillet et octobre 2022, l'association "Marion la main tendue" enregistre une hausse de près de 300% des appels à l'aide par rapport à 2021. Selon une note du ministère de l'Education nationale, un tiers des élèves de CM1 et CM2 ont un sentiment de peur à l’école.

Marion Gauthier (avec G.D.)