RMC

"Le CPE a dit à ma fille d’arrêter de chialer": comment lutter contre le harcèlement scolaire?

Pour lutter contre le harcèlement scolaire, plusieurs parents d'élèves préconisent le dialogue avec les parents des harceleurs. Mais les professionnels de l'éducation appellent à laisser les équipes pédagogiques faire.

C'est un nouveau cas de harcèlement à l'école. Rudy, un adolescent de 16 ans, a été agressé par plusieurs autres adolescents ce lundi dans son lycée de Saint-Maximin dans l'Oise. La victime assure à RMC être la cible de harcèlement depuis l'année dernière en raison de son handicap.

La fille de Sonia a également subi du harcèlement au sein de son collège privé du Haut-Rhin. "Dès qu’elle allait au collège, elle subissait les critiques, tout d’abord parce qu’elle est assidue et aime l’école", raconte-t-elle dans "Les Grandes Gueules" ce jeudi sur RMC et RMC Story. "On l’appelait 'la lèche-cul', 'la fayotte', les filles qui la harcelaient avaient trouvé le moyen de faire pression en l’accusant d’avoir volé les bracelets d’une camarade", précise Sonia.

"Le CPE a dit à ma fille 'd’arrêter de chialer'"

Elle déplore l'inaction de l'équipe pédagogique: "Quand j’appelais le CPE pour faire remonter l’affaire, à chaque fois, il me disait qu’il fallait dialoguer donc il prenait les enfants dans son bureau. Et à chaque fois, la harceleuse se retrouvait en pleurs et devenait la victime", explique Sonia, qui a alors décidé d'agir seule.

"J’ai trouvé les coordonnées de sa maman, je lui ai téléphoné et c’est souvent quand on fait jouer l’autorité des parents que cela bouge. La mère a eu une discussion avec sa fille et elle a arrêté d’harceler ma fille", raconte-t-elle. "L’école a fini par faire quelque chose quand je me suis fâchée et que j’ai demandé à voir le directeur, après que le CPE a dit à ma fille 'd’arrêter de chialer'".

"Laisser les professionnels agir"

C'est aussi ce que préconise Kaouther Ben Mohamed, qui évoque le cas de son neveu, harcelé dans son collège de Marseille. C'est après avoir signalé aux parents des harceleurs que l'un d'eux, en confrontant son fils, a permis de lui faire prendre conscience de ce qu'il faisait: "Les parents ont un rôle. C'est le problème, dans ces cas-là, les parents sont les grands absents alors qu'ils doivent être les premiers autour de la table", ajoute la sociétaire des "Grandes Gueules".

Mais l'enseignant Kevin Bossuet met en garde contre la confrontation entre parents. "Attention parce qu'il y a aussi des enfants qui mentent et des parents qui croient automatiquement leurs enfants. Et à la fin, cela se termine en bagarre entre les parents. Il faut laisser les professionnels agir. On est des professionnels de l'éducation, on sait ce qu'il faut faire. Parfois on ne fait pas toujours les choses bien mais on essaye de régler les choses et généralement, quand on s'y met tous ensemble, on y arrive", explique-t-il.

L'enseignant plaide pour la suppression des aides sociales aux familles. "Dans un pays civilisé, on a des droits mais aussi des devoirs et le premier des devoirs, c'est d'éduquer son enfant. S'il y a des carences éducatives, c'est normal qu'il n'y ait plus de droits. Je pense que ce serait efficace. Il faut taper sur des gens qui n'en n'ont rien à faire", estime Kevin Bossuet, qui appelle à ne pas prendre des enfants de 10-12 ans pour des adultes.

G.D.