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Les communes rurales majoritairement pour le retour à la semaine de quatre jours

Alors que les communes doivent se prononcer sur le retour ou non à la semaine de quatre jours, RMC s’est procuré les premières tendances.

Dans deux jours, toutes les communes auront décidé du rythme scolaire dans leurs écoles pour la rentrée prochaine. Le syndicat SNUipp s'est d'ores et déjà procuré les choix d'une trentaine de départements. Une enquête que nous vous dévoilons sur RMC. Et une première tendance se dessine: dans les départements ruraux, la plupart des communes ont opté pour le retour à la semaine de 4 jours dès cette rentrée.

Des chiffres définitifs seront collectés par le ministère de l'Education dès jeudi après la remontée des inspecteurs académiques. Mercredi 28 juin, le décret permettant aux communes de revenir à la semaine de 4 jours a été publié au journal officiel.

Troisième changement de rythme en neuf ans

La semaine de 4 jours avait été instituée en 2008 sous Nicolas Sarkozy, avec la suppression du samedi matin. Une organisation critiquée par les chronobiologistes et l'ancien ministre de l'Education Vincent Peillon avait ensuite décidé de revenir à la semaine de 4,5 jours généralement avec le mercredi matin. Réforme lancée à la rentée 2013 et généralisée à la rentrée 2014. En 9 ans, ce sera donc le 3eme changement de rythme pour les enfants.

D'après les chiffres du syndicat SNUIPP, on voit déjà une première tendance: les départements ruraux sont en faveur de la semaine à 4 jours. Dans la Creuse 70% des écoles vont changer de rythme scolaire dès septembre. Dans les Hautes-Alpes, cela concerne 84% des communes. Même tendance dans les Alpes-de-Haute Provence. La Saône-et-Loire mais aussi la Nièvre emboîtent le pas avec plus de la moitié des communes concernées.

"Pas de résultats sur l’amélioration des pratiques enseignantes"

Ces chiffres n’étonnent pas Francette Popineau, porte-parole du syndicat enseignant Snuipp. Pour elle, c'est l'organisation qui est contestée dans les communes rurales: "Avec les contraintes de transport, avec les contraintes d’avoir une absence de personnel formé et qualifié, une difficulté à trouver des fonds pour avoir des activités de qualité gratuites… C’est tout cela qui était compliqué. Et le fait que les rythmes ont été pensé à partir du périscolaire et qu’ils n’ont pas donné de résultats sur l’amélioration des pratiques enseignantes et des apprentissages chez les élèves".

En face les départements plus "urbains" comme la Seine-Saint-Denis restent en retrait: seule une dizaine de communes sur les 40 acceptent ce changement de rythme. Si Paris a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne reviendrait pas sur la réforme, les autres grandes villes comme Nantes, Marseille, Lyon, Rennes se laissent encore le temps de la réflexion pour un éventuel retour à la semaine de 4 jours en 2018.

Mélanie Delaunay (avec A.M.)