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"Les animaux en ont besoin": en sursis, le refuge animalier de Marina toujours menacé d'éviction

Un refuge pour animaux situé à Céret, dans les Pyrénées-Orientales, a pu éviter une expulsion du terrain municipal qu’il occupait depuis un peu plus de trois ans. Mais la bataille n’est pas pour autant terminée.

La bataille continue à Céret, dans la région du Vallespir (Pyrénées-Orientales). Au début de l’année 2022, un auditeur de RMC contacte l’équipe de RMC S’engage pour vous afin d’alerter sur la situation du seul refuge animalier du secteur.

Marina, la propriétaire des lieux, s’est installée il y a un peu plus de trois ans sur un terrain appartenant à la commune de Céret. A l’époque, elle y érige son refuge avec l’accord de la désormais ancienne équipe municipale.

Mais au début de l’année, Marina reçoit un courrier de la municipalité lui demandant de quitter les lieux qu’elle occupe avant le 30 juin 2022. Pour la propriétaire du refuge, c’est l’incompréhension.

“Tout le monde est attaché au refuge. Je trouve cela triste de la part du maire. Les services sanitaires sont venus, tout est aux normes, il devrait être content d’avoir ça sur sa commune”

Les raisons invoquées par la municipalité pour justifier cette demande d’éviction sont par ailleurs douteuses. Les voisins se plaindraient par exemple du bruit engendré par les animaux, cependant le refuge se trouve à plus de 350 mètres des premières habitations. La réglementation est ici respectée par Marina.

Le refuge en sursis

L’équipe de RMC s’engage pour vous s’est de nouveau rapprochée de Marina cet été, afin de savoir si elle avait finalement obtempéré et quitté les lieux.

À date, le refuge pour animaux de Céret est toujours sur le même terrain municipal. Grâce à l’avocate engagée par Marina pour défendre son dossier, la propriétaire du refuge a pu obtenir un peu de répit suite à la découverte d’un vice de procédure.

La mise en demeure à l’encontre de Marina a effectivement été émise au-delà du délai légal imparti. L’injonction de départ des lieux n’est donc juridiquement pas valable.

Toutefois, la municipalité pourrait retenter prochainement une nouvelle procédure d’expulsion, en prenant cette fois-ci la précaution d’envoyer le courrier à Marina dans les délais légaux.

“Mon refuge est le seul dans le Vallespir. On l’a construit avec le cœur, j’y ai mis toutes mes économies. J’ai vendu mon appartement, j’ai vendu mes voitures personnelles. Les animaux ont extrêmement besoin de ce refuge-là”

Émue aux larmes, Marina continue d’avoir “très peur pour le refuge, très peur pour mes animaux”. L’avocate représentant les intérêts de Marina, Maître Camille Manya, tente dans le même temps de faire reconnaître le refuge comme un service public, une reconnaissance qui permettrait à l’établissement d’obtenir des financements supplémentaires.

Un apport financier qui serait le bienvenu, alors que Marina essaye aussi de trouver, en vain pour le moment, un autre terrain à un prix abordable pour y installer son refuge.

Elle compte aussi sur la mobilisation citoyenne toujours aussi forte pour sauver son refuge, alors que deux pétitions signées par plus de 90.000 personnes sont toujours en ligne.

Joanna Chabas (avec Alexis Lalemant)