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"On fait bloc pour faire dégager ces dealers": à Marseille, des habitants mobilisés et des vigiles en soutien

Depuis le 1er janvier, des dealers tentent de s'installer dans la cité calme des Campanules, à Marseille. Mais c'est sans compter sur la motivation des habitants qui se relayent et se mobilisent pour tenir leur résidence. Des vigiles vont être déployés par le bailleur.

Les habitants font de la résistance. Les résidents des Campanules, une cité HLM de l’Est de Marseille, jusqu’ici très calme, font bloc contre l'implantation d'un point de deal dans leur quartier. Depuis le 1er janvier, ils se relaient jour et nuit devant l’entrée des immeubles pour dire stop aux trafiquants venus d’un quartier voisin, la cité d'Air-Bel.

Les dealers avaient pourtant commencé à prendre possession des lieux. Les caméras de surveillance avaient notamment été détruites. Mais c’est Jocelyne, paisible retraitée, qui a croisé pour la première fois des dealers dans le hall de son bâtiment le 1er janvier dernier.

“Ils étaient trois ou quatre là, la porte grande ouverte. En rentrant, je leur ai dit ‘mais qu’est-ce que vous faites là?’ Et puis je suis partie, j’avais peur”, indique-t-elle.

Tout de suite après, une cinquantaine d’habitants ont décidé de se relayer sur des chaises devant l’entrée, armés de cafés et de petits gâteaux, pour réinvestir les lieux et faire fuir les dealers avec l’aide de la police. Fanny, retraitée elle aussi, fait partie de ces résistants. “Du fait qu’on prend toute la place, ils ne peuvent pas venir sur nos genoux... C’est sûr qu’on les a repoussés, ça c’est certain. Et on va rester tant qu’il le faudra. On ne lâchera rien, on se tient les coudes”, assure-t-elle.

"Ça fait sept jours qu'on a pris l'initiative de créer un comité de locataires et on se relaie, on fait bloc pour faire dégager ces dealers, ajoute une autre habitante, Océane, dans 'Apolline Matin' ce mardi sur RMC et RMC Story. Le 31 décembre, j'ai vu une quinzaine de personnes avec des chaises pour bloquer l'entrée, capuchées, avec masques et lunettes. Ça faisait vraiment peur. J'ai compris qu'un deal de drogue se mettait en place et dès lendemain, avec ma voisine, on a décidé de prendre place."

Des vigiles mis en place 24h sur 24

Une solidarité éprouvante mais nécessaire, en témoigne Kaïna, mère de trois enfants.

“Je travaille de 8h à 12h, je reprends de 14h à 17h. Et quand je rentre, je redescends après pour rester avec les voisins jusqu’à 2h ou 3h du matin. Même si on est épuisé, on reste mobilisé parce qu’on ne veut plus de ça”, appuie-t-elle.

Des habitants qui ont obtenu de leur bailleur que huit vigiles se relaient désormais 24h sur 24 dans la résidence.

Lionel Dian avec Guillaume Descours