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Grève des médecins généralistes: "Ce mouvement est parti pour durer", prévient Jérôme Marty

Un grand nombre de cabinets de médecins généralistes, en grève, seront fermés ce jeudi et vendredi. Jérôme Marty, du syndicat de médecins libéraux UFML, prévient le gouvernement qu'ils ne comptent pas lâcher.

Après la colère du monde hospitalier, la médecine libérale se mobilise pour ses condtions de travail. Pour la première fois depuis 2015, un large appel à la grève a été lancé pour faire pression sur l'exécutif. Un "mouvement historique" selon les initiateurs, le jeune collectif "Médecins pour demain", qui a rassemblé en quelques semaines près de 15.000 membres sur Facebook, parmi les 110.000 praticiens libéraux en exercice, et plusieurs syndicats.

La revendication principale est le doublement du tarif de la consultation de 25 à 50 euros. Les syndicats y voient un moyen de peser dans la négociation ouverte avec l'Assurance maladie en vue d'un nouvel accord pour les cinq prochaines années.

La "Grande gueule" Jérôme Marty, du syndicat UFML, a expliqué ce jeudi sur RMC les raisons qui ont poussé les praticiens à initier ce mouvement de contestation:

"L'affaire est simple, on n'en peut plus d'être devenus des maltraitants par un sabotage de la médecine libérale", lance-t-il, pointant du doigt les "politiques".

"Cela fait des années qu'on a planté un couteau dans le dos de la médecine libérale, et il y a des empreintes sur le manche. Ce sont les responsables politiques, les uns après les autres, qui ont ignoré la médecine libérale qui fait qu'on exerce dans les conditions les plus pourries qu'on n'ait jamais rencontrées", juge-t-il.

Même si toutes les organisations n'appellent pas à la grève, à l'image de SOS Médecins et du syndicat des pédiatres mobilisés sur le front de l'épidémie de bronchiolite, Jérôme Marty estime que "80 à 90% des cabinets seront fermés".

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"Olivier Véran ferait bien de regarder notre mouvement avec la plus grande attention"

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a estimé ce jeudi matin sur RMC-BFMTV que ce mouvement de grève est typique des négociations salariales en cours. "Il n'est pas rare que pendant ce type de négociations, il y ait un petit coup de pression à travers un mouvement sociale", tacle-t-il. Mais Jérôme Marty met en garde l'ancien ministre de la Santé.

"Il ferait bien de le regarder avec la plus grande attention. Ce mouvement est parti pour durer. Si jamais ils ne nous répondent pas, nous irons crescendo dans le mouvement, probablement en partant sur un mouvement de 15 jours, trois semaines. S'il faut en passer par là pour éviter que le système ne s'effondre (on le fera)", menace-t-il.

J.A.