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Grippe aviaire: la flambée continue, 4,6 millions de volailles abattues en six mois et un chat mort

4,6 millions de volailles ont été abattues entre le 1er août 2022 et le 24 janvier 2023 (photo d'illustration).

4,6 millions de volailles ont été abattues entre le 1er août 2022 et le 24 janvier 2023 (photo d'illustration). - AFP

La grippe aviaire semble incontrôlable en France: au 24 janvier, le ministère de l'Agriculture fait état d'un total de 4,6 millions de volailles abattues depuis le mois d'août. Un chat a également été contaminé dans les Deux-Sèvres et en est mort.

Mise à l'abri des canards, abattage préventif, surveillance accrue... Malgré de nombreuses mesures, la grippe aviaire continue de se propager en France. D'après le ministère de l'Agriculture, 4,6 millions de volailles ont été abattues entre le 1er août 2022 et le 24 janvier 2023.

En Europe, 29 pays ont détecté la grippe aviaire sur leur sol depuis le 1er août, relève la plateforme française d'épidémiosurveillance en santé animale (ESA). La France est aujourd'hui le pays qui compte le plus de foyers en élevage, devant le Royaume-Uni et la Hongrie. Pour limiter l'hécatombe, l'État a demandé de réduire le nombre de volailles présentes simultanément dans des zones de l'ouest de la France.

Depuis la réapparition du virus en 2016, le problème est simple: les oiseaux sauvages contaminés sont toujours plus nombreux et avec eux, de manière saisonnière, la grippe aviaire revient.

La situation risque de s'aggraver

Si avant, elle arrivait à l'automne, cette année des cas ont été détectés dès le mois d'août, principalement dans les zones les plus denses en élevages. C'est le cas du sud-ouest, bastion historique du foie gras, mais aussi de la région des Pays de la Loire.

La situation risque fatalement de s'aggraver dans les prochaines semaines, selon les spécialistes. Les autorités du secteur commencent d'ailleurs à évoquer la possibilité d'un vaccin pour tenter d'endiguer autrement le virus.

Cette grippe aviaire peut-elle se transmettre à des mammifères? Le ministère de l'Agriculture a confirmé, ce mardi, qu'un chat domestique appartenant à une famille des Deux-Sèvres a été euthanasié fin décembre après avoir été contaminé par la grippe aviaire.

La détection de ce virus chez les mammifères est rare

L'animal vivait dans une habitation située à proximité d'un élevage de canards également touché et entièrement abattu. Le ministère précise que "la détection du virus d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) chez les mammifères est un phénomène rare" mais "déjà observé".

"Le chat s’est retrouvé exposé à une quantité très importante de virus, il a peut-être mangé une carcasse d’un animal contaminé, il était vraiment au mauvais endroit au mauvais moment", explique, de son côté, Pierre Bessière, virologue à l'école vétérinaire de Toulouse.

"Le risque, c’est qu’il y ait un variant qui émerge et qui soit capable de se multiplier efficacement chez les mammifères et qui devient transmissible de mammifère à mammifère ou pire d’homme à homme. Le risque de l’apparition d’un virus pandémique existe, mais il est faible", précise-t-il.

Pour l'instant, aucune épidémie n'a été recensée chez les mammifères.

Mahauld Becker-Granier (édité par AB)