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"Je ne peux pas me promener dans la rue": Agnès Buzyn assure être menacée pour sa gestion du Covid

L'ancienne ministre de la Santé a assuré avoir averti le gouvernement sur les risques liés à l'épidémie de Covid-19, sans succès. Aujourd'hui mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui par la Cour de justice de la République, elle explique être menacée.

L'ancienne ministre de la Santé défend sa réaction au début de la crise du Covid-19. Invitée de France 5 jeudi, Agnès Buzyn est revenue sur les révélations faites au journal Le Monde, assurant avoir alerté dès le mois de janvier sur le début d'épidémie de Covid-19 en Chine.

À l'époque, il n'y a aucun cas en Europe et les informations venues de Chine sont parcellaires. Agnès Buzyn défend sa version des faits, et nie toute négligence au début de l'épidémie de Covid-19 alors qu'elle est aujourd'hui mise en examen par la Cour de Justice de la République pour "mise en danger de la vie d'autrui".

"Déni complet"

Dans une chronologie détaillée, l'ancienne ministre de la Santé assure avoir alerté Emmanuel Macron et Edouard Philippe dès le mois de janvier 2020. Mais selon elle, la réaction du monde médical n'a pas suivi:

"C'est un déni complet des autorités scientifiques nationales et internationales. Quand je dis que tout le monde s'en foutait, je ne parle pas du couple exécutif, ils ne sont pas médecins. Mais les personnes qui les ont conseillés à cette époque, en tous les cas, n'ont pas tenu le même discours que moi", explique Agnès Buzyn.

"J'ai essayé de sauver la vie des gens jusqu'au bout"

Près de trois ans plus tard, l'ancienne ministre de la Santé dit être toujours l'objet de menaces: "Je ne peux pas me promener seule dans la rue. Pour quelqu'un qui a dédié sa vie à essayer de sauver des gens... Mes SMS montrent que j'ai essayé de sauver la vie des gens jusqu'au bout de ce que je pouvais faire. C'est dur", déplore-t-elle.

Surtout, Agnès Buzyn ne comprend pas les poursuites judiciaires contre elle: "Le gouvernement ne mérite pas une mise en examen. Sur 7 milliards d'individus je suis la seule personne au monde mise en examen pour une pandémie d'une ampleur que personne n'avait imaginé", défend-elle. "Le plus grand regret de ma vie, c’est de ne pas avoir géré cette crise", conclu Agnès Buzyn, qui a quitté le gouvernement un mois avant le premier confinement.

Romain Cluzel