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"La qualité des soins peut être mise en défaut": les hôpitaux surchargés, en pleine triple épidémie

La propagation du Covid, de la grippe et de la bronchiolite surcharge encore les hôpitaux, où la situation est déjà extrêmement tendue.

L’hôpital encore et toujours en grande souffrance. Face à la triple épidémie Covid-grippe-bronchiolite qui touche la France, 20 à 30% de patients de plus sont hospitalisés aux urgences par rapport à l'année dernière. Le chiffre a été donné par la Première ministre Elisabeth Borne ce mardi, lors d'un déplacement à l'ARS Ile-de-France. Une forte pression qui survient dans un contexte sanitaire déjà difficile. C'est "extrêmement tendu, critique même", alerte le professeur Rémi Salomon, président de la conférence des présidents de la Commission médicale d'établissement des CHU. La situation ne va d'ailleurs pas s'améliorer dans l'immédiat, puisque la période des fêtes arrive et que des soignants aussi vont avoir des congés.

A Amiens, cela fait déjà 15 jours que l’hôpital est en apnée. "Hier, on a eu 200 patients au sein des urgences sur 24 heures, explique le Dr Laure Domisse. C’est inimaginable pour les soignants comme pour les patients. C’est la qualité des soins qui peut être mise en défaut." Un afflux de malades, alors que le personnel soignant et donc les lits disponibles sont toujours insuffisants.

"La solidarité ne peut plus jouer"

"Tous les jours, on envoie des mails aux différents médecins pour qu’ils essayent d’écourter les hospitalisations, pour faire de la place pour les entrées qui vont arriver le soir, souligne Patrick Berquin, président de la commission médicale du CHU d'Amiens. Comme tous les hôpitaux sont en difficulté, notamment dans l’Oise en ce moment, ils font appel à nous pour savoir si on peut nous transférer des enfants. Mais à un moment donné, quand tout le monde est sous tension, la solidarité ne peut plus jouer."

Dans plusieurs régions, des plans blancs sont activés. Avec notamment des déprogrammations d'opérations et le rappel du personnel. A Laval, les urgences fonctionnent avec cinq temps pleins au lieu de 16… depuis un an. "Pendant mes congés de Toussaint, j’étais revenue prendre une garde au milieu de ma semaine de vacances, explique le Dr Caroline Bremaud, cheffe de ce service. Là, pour Noël, je n’ai pas pu prendre une semaine de vacances, je n’ai eu droit qu’à quatre jours. Ce n’est pas anecdotique. Cela crée de la fatigue, ça peut susciter des envies de partir." Comme beaucoup d’autres médecins, elle attend des solutions au niveau national.

LP avec Marion Gauthier