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Pénurie de médicaments: François Ruffin veut des quotas d'importation pour relocaliser la production

Le député Nupes-LFI François Ruffin a détaillé ce mardi sur RMC-BFMTV comment il compte "réindustrialiser" la France au niveau pharmaceutique, pour moins dépendre des importations.

"On a quand même un ministère de la Santé qui recommande de moins prescrire de Doliprane...". Le député LFI François Ruffin a tiré la sonnette d'alarme ce mardi sur RMC-BFMTV, disant vouloir "ré-industrialiser" le pays grâce au médicaments.

L'élu de la Somme plaide pour des "barrières douanières", des "quotas d'importation" et une "volonté politique" pour relocaliser la production, notamment du paracétamol et de l'amoxicilline, qui souffrent de difficultés d'approvisionnement depuis quelques mois en France.

"Aujourd'hui, ce qu'il nous faut, c'est des quotas d'importation, c'est des taxes aux frontières, c'est des barrières douanières, si on veut reproduire une industrie du médicament", a déclaré le député, venu avec ses boîtes de médicaments sur notre plateau. "Et il faut une volonté politique derrière", a-t-il insisté, rappelant la promesse d'Emmanuel Macron en pleine crise du Covid-19 d'oeuvrer à la relocalisation de leur production.

"La réalité, c'est qu'aujourd'hui, on est toujours dans une situation de grande dépendance (aux importations)", lance-t-il, rappelant que l'Etat a donné des aides aux géants pharmaceutiques comme Sanofi pour une relocalisation.

"Tout le monde est perdant"

"Ce sont des outils qui ont existé pendant des décennies et des décennies et sans que ça crée l'Union soviétique", a ironisé le député de la Somme, ajoutant: "Au contraire, ça a permis d'avoir un régime industriel régulé", alors qu'aujourd'hui, l'importation des médicaments "produit aussi du déficit commercial" et "une pression constante sur la diminution des salaires": "Tout le monde est perdant".

Parallèlement à cette "ligne Maginot" des taxes aux frontières, il a également invité à la mise en place d'une "politique commerciale". "Pour à peu près tout, on est sous perfusion parce qu'on se met dans une exigence de compétitivité qui est impossible avec des pays où la main d'oeuvre est moins chère, où les normes fiscales ne sont pas les mêmes, où les normes environnementales ne sont pas les mêmes".

"On doit avoir une base minimale de production sur trois choses: aliments, vêtements, médicament", élargit François Ruffin pour conclure.

Avec AFP