RMC

Tension à l'hôpital: les hospitalisations en hausse, des opérations déprogrammées

La tension monte dans les hôpitaux en pleine grève des médecins libéraux et alors que trois épidémies touchent le pays. En conséquence, de nombreuses opérations sont déprogrammées.

À l'hôpital, la tension est à son comble. "C'est une semaine de tous les dangers", a averti mercredi le ministre de la Santé François Braun, alors que les épidémies se multiplient et que le système de santé est aussi affecté par la grève des médecins libéraux pendant que les hospitalisations sont en forte hausse.

Preuve de cette tension hospitalière, tous les patients ne sont pas suivis comme ils le devraient. Résultat, des opérations sont déprogrammées et des prises en charge décalées.

"C'est l'hôpital qui s'invite à la maison"

Atteint d'une bactérie qui infecte les poumons, Maël, 8 ans, polyhandicapé, doit se faire suivre pour se faire aider à respirer: "Le pneumologue nous a dit que la solution c'était de passer à un antibiotique en intraveineuse", explique à RMC sa mère Cécile. Mais cela signifie passer 15 jours à l'hôpital et en cette période, il n'y a pas de lit disponible: "C'est reporté jusqu'à ce qu'il y ait plus de place pour lui".

Et entre-temps, Cécile et son mari prennent le relais: "Maël n'est pas bien depuis 5 jours. On est fatigués, épuisés, inquiets. On est nous, parents, obligés de faire plus de gestes médicaux. C'est l'hôpital qui s'invite à la maison puisque l'hôpital ne peut pas recevoir Maël aujourd'hui", ajoute sa maman.

"Ce que l'on sacrifie en premier c'est la chirurgie fonctionnelle"

Et pour économiser des lits, alors que les admissions à l'hôpital ont augmenté de 75% la semaine passée, les déprogrammations se multiplient, regrette Arnaud Chiche, médecin anesthésiste à l'hôpital d'Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais: "Au-delà de mon établissement, tous les hôpitaux en plan blanc font de la déprogrammation et il y en a à peu près 150 actuellement", assure le praticien.

"Ce que l'on sacrifie en premier c'est la chirurgie fonctionnelle. Quand on attend une prothèse de hanche, ça n'est pas vital. Cependant, si la personne a mal, ça peut l'empêcher de monter les escaliers, ça peut être très délétère chez les personnes âgées", explique Arnaud Chiche.

Ces déprogrammations et reports devraient se poursuivre au moins une quinzaine de jours encore le temps que les épidémies de Covid-19, de bronchiolite, de grippe se calment et que la grève des médecins libéraux soit levée.

Caroline Philippe (avec G.D.)