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Télévision: pourquoi est-ce si difficile de trouver son bonheur à la TV l’été?

L’été, télévision rime souvent avec rediffusion. Un programme qui ne plaît pas forcément à tous, loin de là. La rédaction de RMC s’est alors demandé quelles étaient les raisons d’une programmation qui semble déplaire toujours plus.

Regarder la télévision l’été? “Jamais, ça ne m’intéresse pas trop, je n’ai pas vraiment le temps de regarder”. Pour Marceau, 15 ans, c’est clair : pas de télévision pendant les vacances d’été.

Et pour ceux qui s’accordent de temps à autres un moment de détente face à un écran… Ce sont plutôt les séries Netflix, les dessins animés sur Disney + ou des films sur Amazon Prime qui prennent le devant sur les chaînes classiques de télévision.

Mais si ces plateformes de visionnage ont le vent en poupe pendant l’été, c’est peut-être aussi parce que les chaînes de télé ne proposent pas une pléthore de nouveaux programmes.

C’est en tout cas ce que pense Alain, ce touriste Belge en vacances à Paris. Si à l’année il apprécie regarder les jeux télévisés, la donne change lors de la trêve estivale : “Ce ne sont que des rediffusions, des films que l’on a déjà vu 50 fois, style La Grande Vadrouille que l’on connaît par coeur”.

C’est donc là que le bât blesse. Les rediffusions foisonnent, sur certaines chaines en tout cas. Si M6 et Arte sont les chaînes qui diffusent le plus d’inédits en été, TF1 et France Télévisions sont les mauvais élèves en la matière.

Un rôle que ces deux diffuseurs assument, puisque les scores réalisés par des programmes rediffusés restent honorables.

Par exemple, TF1 diffusait un épisode de Camping Paradis, déjà diffusé auparavant. Résultat : 3 millions de téléspectateurs devant l’écran, TF1 est leader de la soirée. En comparaison, en pleine saison, c’est en moyenne un peu plus de 4 millions de personnes qui se retrouvent devant leur écran pour regarder ce programme.

Les classiques fonctionnent toujours

Le Gendarme de Saint-Tropez, La Grande Vadrouille, La 7e Compagnie…Ces films indémodables qui marchent toujours, c’est la valeur sûre de l’été selon François Ouisse, rédacteur en chef adjoint du magazine Télé Loisirs.

“Ce qui est assez intéressant c’est que l’on voit que certains soirs, quand il y a des rediffusions de films usés jusqu’à la corde, ce sont eux qui gagnent le match avec des scores d’audience tout à fait honorables. Donc pourquoi les chaînes s’ennuieraient-elles à mettre des nouveautés, alors qu’elles sont censées faire des économies l’été (...)?”

La question financière est aussi prépondérante dans ce type de sujet, tout simplement car il y a moins de pubs sur les écrans l’été.

Selon Thierry Moreau, chroniqueur et expert média chez Estelle Midi sur RMC, “l’été représente 10% du montant global des recettes publicitaires des chaînes. Uniquement la partie estivale”.

Aussi, plus important encore, “c’est moins chiffré mais plus du ressenti, un annonceur à la télévision a besoin de voir sa publicité. Et comme les annonceurs sont en vacances, et bien il y a moins de pubs à la télévision, c’est tout bête. Les investissements publicitaires l’été sont très faibles”.

L’équation est donc simple, moins de publicité à l’écran, moins d’argent dans les caisses des chaînes de télévision. Par exemple, une publicité diffusée dans l'émission d’Arthur un vendredi soir rapporte 50.000 euros brut à TF1.

Si ce même spot est diffusé en plein été, il sera vendu “seulement” pour 15 000 euros, soit trois fois moins de recettes potentielles pour le diffuseur.

Florian Chevallay avec AL