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"Ça ne concerne pas que les cheminots": SUD-Rail veut que "d’autres secteurs se mobilisent"

Dans "Charles Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, le délégué syndical SUD-Rail Fabien Villedieu confirme la mobilisation à la SNCF contre la réforme des retraites, mais veut voir d’autres secteurs se mobiliser le 19 janvier.

Quel sera l’impact des grèves contre la réforme des retraites le 19 janvier? Les bastions historiques de la lutte syndicale seront évidemment mobilisés, mais ils attendent du renfort. Fabien Villedieu, délégué syndical SUD-Rail, souhaite que les salariés de la SNCF soient rejoints et épaulés dans les cortèges. "C’est une mobilisation massive des cheminots, mais ça ne concerne pas que les cheminots. Il ne faudrait pas que les gens se disent que le 19 janvier, c’est une histoire de cheminots et de régimes spéciaux. La retraite, ça concerne tout le monde, public, privé, régimes spéciaux…" explique-t-il dans "Charles Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story.

"Les cheminots, on va prendre notre part, on a une petite tradition de lutte, notamment sur la question des retraites en 1995, 2019… Des conflits où on a été à la tête de ces mobilisations. Et on a gagné, parce que nos anciens se sont battus", ajoute Fabien Villedieu, qui confirme la stratégie d’une montée en puissance progressive du mouvement à la SNCF.

"Le combat sera long, promet le délégué syndical SUD-Rail. Si j’ai bien compris, il y aura deux mois de discussion sur la loi. On n’est pas parti pour une grève reconductible. Le 20, il y aura sûrement des trains. Les choses sont évolutives. Ce qui est sûr, c’est qu’on va regarder ce qu’il se passe dans d’autres secteurs. On attend que d’autres secteurs se mobilisent, des gros secteurs professionnels mais pas seulement. Tout le monde peut se mobiliser, y compris dans le privé."

"Mieux vaut perdre de l’argent aujourd’hui qu’être obligé de gratter deux ans de plus"

Selon Fabien Villedieu, les salariés de la SNCF seront concrètement touchés par cette réforme des retraites. "Les cheminots ne feront pas grève pour les autres, mais d’abord pour eux-mêmes, assure-t-il. L’âge d’ouverture des droits et l’accélération de la réforme Touraine, on est concernés, donc on est mobilisés. Aujourd’hui, un cheminot part en retraite à 59 ans et 7 mois, selon les chiffres de la caisse de prévoyance. Donc si vous décalez de deux ans… Et avec l’accélération de la réforme Touraine, il y aura besoin de cotiser trois ou quatre trimestres en plus pour avoir exactement la même pension."

Mais faire grève à nouveau, après le mouvement de décembre, aura forcément des conséquences pour les cheminots. "On n’est pas payés les jours de grève, il y a des problèmes de pouvoir d’achat, confirme Fabien Villedieu. Mais c’est un investissement pour l’avenir. Mieux vaut perdre de l’argent aujourd’hui qu’être obligé de gratter deux ans de plus. Plus vous vous rapprochez de la retraite, plus c’est difficile d’aller au boulot."

LP