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Pour Christophe Barbier "Hulot prend un grand risque, un ministère ce n’est pas comme le militantisme"

Le voile est désormais levé sur la composition du gouvernement du Premier ministre Edouard Philippe. Le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler en a dressé la liste ce mercredi. Un gouvernement surprenant pour l'éditorialiste Christophe Barbier.

Le gouvernement du Premier ministre Edouard Philippe a été annoncé ce mercredi. Un gouvernement qui surprend Christophe Barbier qui le décrypte dans 100% Bachelot.

 "C’est un gouvernement surprenant d’abord par ses intitulés. Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, c’est un intitulé qui parle pour lui, par ailleurs confié à Le Drian alors qu’on l’attendait à la défense. C’est finalement Sylvie Goulard, qui sera ministre des Armées alors qu’on l'attendait à l’Europe et aux affaires étrangères, ce qui permet d’avoir une femme hautement placée dans ce gouvernement. Nicolas Hulot, c’était un secret de polichinelle, comme Bayrou à la justice. Cependant, Hulot prend un grand risque, parce qu’un ministère ce n’est pas comme le militantisme. 

Gérard Collomb ministre d’Etat, c’est une vraie récompense pour celui qui a fondé En Marche! et très positif pour l'aspect de décentralisation." 

"Ensuite, il y a des noms qui ne disent rien à la majorité des Français mais qui sont connus des observateurs politiques. Françoise Nyssen, ministre de la Culture, est une grande éditrice à Actes sud. C’est une toute nouvelle aventure qui commence pour elle comme pour Agnès Buzyn ministre des solidarités et de la Santé, que l’on connait bien dans le milieu médical. C’est la reconnaissance d’une action dans la société civile mais d’une action d’expert. Ce sont deux personnalités qui connaissent le milieu et qui n’auront pas trop de mal à discuter avec l’administration. 

Jean-Michel Blanquer a dirigé l’Enseignement scolaire il y a longtemps, donc il connait la machine de l’éducation nationale de l’intérieur".

"On voit aussi qu’il y a des nominations qui arrangent beaucoup notre président. Monsieur Mézard, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, est président du groupe RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen) au Sénat. Il va facilité la constitution d’un groupe macronniste au gouvernement. 

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, c‘est une prise de guerre, puisqu’il a soutenu Sarkozy et qu'il était proche de Xavier Bertrand. Bien entendu Bruno Le Maire est le plus important des ministres nommé venant de droite. De plus, il est à l’Economie, le poste que lui avait refusé Nicolas Sarkozy de justesse, le confiant à François Baroin. Baroin, justement, qui mène la campagne des Républicains contre le gouvernement. Bruno Le Maire prend sa revanche. 

Annick Girardin, reconduite à l'outre-mer, est une vieille Chiraquienne et sera très à l'aise. Laura Flessel, fait son entrée au sport, mais a déjà connu l’action ministérielle dans des cabinets, donc elle ne va pas débarquer".

"Enfin on voit la reconnaissance de quelques compagnons de route. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat, va être en relation avec le Parlement, poste au combien difficile s’il n’y a pas de majorité absolue. Il est aussi porte-parole du gouvernement comme pendant la campagne, ce qu'il a très bien fait. 

Et évidemment Richard Ferrand, fidèle parmi les fidèles, ministre de la Cohésion des territoires. C’est un vieux rêve de ceux qui veulent rassembler les Français mais qui est très dur à gérer. Il ne doit pas marcher sur le ministère de l’Intérieur qui ne se résume pas à la police".

100% Bachelot avec A.B.