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Débat Macron-Le Pen: qui s'est trompé sur les chiffres du chômage?

Lors du débat de l’entre deux tours mercredi soir, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont évoqué des chiffres différents concernant le nombre de demandeurs d'emplois. Qui a tort, qui a raison? Explications.

Lors du débat de l’entre-deux-tours mercredi soir, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont logiquement été amenés sur le sujet du chômage. Mais les deux candidats ont mis en avant des chiffres différents.

Emmanuel Macron a évoqué le taux de chômage, au sens du BIT (Bureau international du travail), quand Marine Le Pen a pris le chiffre des demandeurs d’emplois inscrits à Pôle Emploi.

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Quels sont les chiffres les plus crédibles?

Ce sont en fait deux sources différentes. Le chômage selon le BIT est la définition internationalement reconnue. Une enquête est réalisée chaque trimestre auprès de dizaines de milliers de ménages. Est chômeur toute personne sans emploi au cours de la semaine de référence, disponible pour travailler et qui cherche effectivement du travail.

Marine Le Pen parle de son côté des inscrits à Pôle Emploi, qui se séparent en trois catégories principales. Sont en catégorie A, ceux qui n’ont pas travaillé du tout, en catégorie B ceux qui ont travaillé moins de 78 heures et en catégorie C ceux qui ont travaillé plus de 78 heures.

Le chômeur BIT et la catégorie A de Pôle emploi sont assez proches, mais ne se recouvrent pas. Aujourd’hui en France, il y a 2,2 millions de chômeurs BIT, 3,1 millions de catégorie A, et 5,4 millions avec les catégories A, B et C confondues.

Ces chiffres reflètent-ils la même chose?

Les chiffres les plus flatteurs sont effectivement ceux du chômage BIT. Le taux de chômage (7,4%) est au plus bas depuis 2008, et le chômage des jeunes atteint son plus bas niveau depuis la fin des années 1980 et 1990. Le taux d’emploi, statistique la plus importante, progresse pour toutes les classes d’âge et dépasse ainsi son plus haut niveau historique. Les emplois sont aussi plus qualitatifs, avec plus de travailleurs en contrat à durée indéterminée (CDI). Le taux a atteint 50,1 % au quatrième trimestre 2021, au plus haut depuis 2009.

Les chiffres relatifs aux demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi sont moins flatteurs, car il y a un phénomène de transfert. Beaucoup de chômeurs de catégorie A sont passés en catégorie C. Ce qui permet à Marine Le Pen de parler d’une précarisation du travail.

Emmanuel Lechypre