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Prix de l'électricité: Gennevilliers éteint l'éclairage public la nuit, les habitants divisés

Après Strasbourg, Bordeaux ou Lyon, c'est au tour de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) d'éteindre l'éclairage public la nuit, pour faire des économies. Les rues seront plongées dans le noir de 1h30 à 5h. La mesure divise, notamment avec des inquiétudes liées à l'insécurité.

Elles sont de plus en plus nombreuses à se passer de la lumière la nuit. Les villes de Strasbourg, Bordeaux ou encore Lyon viennent de franchir le cap. C'est une mesure d'économie, mais aussi un souci d'écologie, selon les maires. À Gennevilliers (Hauts-de-Seine) aussi, on mise sur la sobriété.

Les rues vont être plongées dans le noir à partir d'1h30 du matin et retrouveront l'éclairage public à 5h. Si les 50.000 habitants comprennent la mesure, certains s'inquiètent de se retrouver dans la pénombre. "C’est vrai que ça sera quand même dur s’il n’y a plus de lumière à l’extérieur, on va faire avec...", affirme une habitante.

Ils s'inquiètent d'une augmentation de l'insécurité: "Ça peut être dangereux pour certaines personnes, comme les femmes ou les personnes âgées", assure une autre riveraine.

L'opposition avait une autre proposition

Contrairement à d'autres villes, Gennevilliers a misé sur une extinction assez tard dans la nuit. "C’est très bien à partir d’1h30 du matin, il n’y a personne dehors à cette heure-là", se félicite donc un habitant.

La municipalité espère réaliser 30 % d'économies sur la facture de l'éclairage public. Pour l'opposition, toutes les options n'ont pas été prises en compte. "Notre proposition, c’était de favoriser l’installation de capteurs, ce qui permet d’être un peu plus écolo et en même temps dans la préservation de la sécurité des familles", regrette Karine Chalah, conseillère municipale d'opposition (UDI).

Cela aurait-il été utile? Le maire communiste de Gennevilliers balaye cette proposition. "On a regardé ce qui s’est fait dans d’autres villes, a priori il n’y a aucun impact négatif dans les autres villes, pas même en termes de sécurité parce qu’en général les délinquants font ça en pleine lumière et en plein jour", affirme Patrice Leclerc, l'édile.

Une consultation publique sera d'ailleurs organisée dans les prochains mois pour connaître l'avis des habitants. Cela pourrait aussi permettre d'avoir un premier bilan.

À Saint-Nazaire, cela fait deux ans que 70% de la ville est éteinte entre 00h et 5h du matin et le bilan est positif. D'après la ville, les services de police et de pompiers, il n'y a pas eu de corrélation entre l'extinction et les faits d'incivilités ou de criminalité. En diminuant l'éclairage public, la ville a économisé 28% sur sa facture d'énergie en 2021.

Des difficultés pour les forces de l'ordre

Pour Abdoulaye Kanté, policier dans les Hauts-de-Seine, la pénombre peut compliquer le travail des forces de l'ordre. "Quand on intervient dans certaines rues ou certains quartiers, le fait qu’il fasse sombre peut faire qu’on va avoir du mal à identifier un individu. Et pour la vidéosurveillance, le matériel n’est pas de qualité ou infrarouge", déplore-t-il sur RMC ce mercredi.

Pour lui, il faut trouver le juste milieu entre sobriété énergétique et sécurité. "Le sentiment d’insécurité, c’est un ressenti qu’on peut avoir en tant qu’humain. Quand il fait nuit, on a peur de prendre certaines rues", souligne-t-il.

L'application "Ma sécurité" peut être très utile

Le policier rappelle que le ministère de l'Intérieur a développé une application nommée "Ma sécurité" qui permet de signaler de nombreux incidents, mais aussi de pouvoir échanger en direct, sur un tchat, avec un policier. On y retrouve aussi tous les numéros d'urgence, des cartographies des points d'accueil des forces de l'ordre etc. Elle existe depuis le mois de mars 2022.

L'application "Ma Sécurité" permet, entre autres, de tchater avec un policier ou un gendarme
L'application "Ma Sécurité" permet, entre autres, de tchater avec un policier ou un gendarme © RMC
AB avec Nicolas Ropert et Maxime Ruzza