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Féminicide d'Hayange: le témoignage troublant d'une amie de Stéphanie tuée par son compagnon

DOCUMENT RMC - Deux jours après le meurtre en pleine rue de Stéphanie, à Hayange en Moselle, poignardée à plusieurs reprises par son conjoint, meurtrier présumé dans cette affaire, RMC a donné la parole à Emma, l’une de ses plus proches amies.

Gérald Darmanin, Eric Dupond-Moretti et Marlène Schiappa ont annoncé mercredi la mise en place d'une mission d'inspection de fonctionnement afin de faire "toute la lumière suite au terrible féminicide d'Hayange" en Moselle, le week-end dernier.

La saisine de l'inspection générale de l'administration et de l'inspection générale de la justice pour diligenter cette mission a été annoncée par Gérald Darmanin sur Twitter.

"Même quand elle allait travailler, elle avait peur"

Mais pour Emma, une amie de Stéphanie, la vérité est simple: c'est la peur qui a fait rester la jeune maman. La peur de la violence de son conjoint. 

"Ca servait à rien, elle ne partait pas. On a tous essayé, tout le monde, je vous jure. Il lui faisait peur, elle avait peur, elle ne pouvait rien faire. Peu importe où elle aurait été, il l'aurait retrouvée. Et si ce n'était pas elle, c'était sa famille. Même quand elle allait travailler, elle avait peur: il faisait des menaces tout le temps. Il n'y a que quand il dormait qu'elle était tranquille et encore... Ce n'est pas une vie de vivre avec quelqu'un comme ça" raconte-t-elle sur RMC, à quelques pas de la porte du couple, où quelques fleurs sont posées.

Mardi, le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri, avait écarté tout "dysfonctionnement des services judiciaires dans cette affaire", soulignant que le parquet n'avait pas été informé par la police du dépôt en janvier 2020 d'une main courante, puis en novembre 2020 d'une plainte, par la jeune femme contre son compagnon, un ressortissant serbe de 23 ans, disposant du statut de réfugié politique.

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"Je voyais ma soeur se faire taper"

Le suspect, qui était incarcéré depuis le 26 novembre dans une affaire de délits routiers, avait ainsi bénéficié d'un aménagement de peine et avait pu poursuivre sa détention à domicile sous surveillance électronique à partir du 13 mai, soit dix jours avant la survenue du féminicide. Cet homme n'était pas identifié par la justice "comme un conjoint violent", avait insisté Christian Mercuri, pour justifier l'aménagement de peine au domicile conjugal.

Deux jours après le drame, malgré l'enquête, la jeune femme se dit sous le choc. Le regard dans le vide, la mâchoire serrée, elle est dévastée. Et son témoignage est particulièrement troublant sur le huis-clos du couple: 

"C'était comme ma grande soeur, elle était tout pour moi... C'est pire de que de l'impuissance: je voyais ma soeur se faire taper et ne rien pouvoir faire à part prendre des coups aussi pour qu'elle en prenne moins. C'est pire... Et comment protéger cette petite fille de 4 ans qui n'aurait jamais dû voir ça..." 

Ce mercredi, Emma, comme de nombreuses voisines de Stéphanie, sera là pour rendre un hommage à la victime, qui doit se tenir à 18H00 devant l'Hôtel de Ville d'Hayange.

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Florian Chevallay (avec Xavier Allain)