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"Je paye alors qu'il m'a fait du mal": victime de violences conjugales, Paola est obligée de régler les loyers impayés de son ex-mari

RMC S'ENGAGE POUR VOUS - Paola a fait une découverte surprenante: elle doit 25.000 euros à son ancien bailleur, soit 2 ans de loyer alors qu’elle ne vivait plus dans l’appartement concerné, après l'avoir fui en raison d'un mari violent.

En décembre 2020, Paola apprend qu'elle a une dette de 25.000 euros envers son ancien bailleur, soit l'équivalent de 2 ans de loyers d'un appartement dans lequel elle ne vit plus ! Cet appartement, elle l’a quitté, avec ses enfants, en 2017 pour fuir un mari violent. À l’époque elle a prévenu son bailleur:

"Il fallait partir, je n'avais pas le choix. Mes enfants pleuraient, ils me disaient qu'il fallait partir. J'avais déjà porté plainte donc j'ai envoyé une lettre recommandée au bailleur en lui disant que je quittais définitivement l'appartement. J'ai ajouté le courrier évoquant une procédure d'éloignement précisant que c'était le motif pour lequel je quittais l'appartement", assure-t-elle à RMC.

Ensuite, son ex-mari est resté encore 2 ans dans cet appartement, sans que Paola sache s'il payait ou non les mensualités. Lors du divorce, elle a pris la peine d'inscrire dans le dossier de divorce que son ex-mari assumait la responsabilité du loyer après son départ. Celui-ci a également signé le document.

"Ce n'est pas à moi de payer mais les choses se sont inversées"

Et puis le temps passe. Aucune nouvelle du bailleur tout va bien en apparence, jusqu'à ce mois de décembre 2020, où l'entreprise de Paola l'informe que son salaire va être amputé de 305 euros chaque mois, à la demande de son ancien bailleur. Jusqu'à ce que les 25.000 euros de dette soient remboursés, tout cela ordonné par une décision d'huissier de justice. Paola a bien tenté d'envoyer des courriers, elle a pris un avocat. Mais pour l'instant rien n'y fait:

"Sur l'acte de divorce, mon avocat a écrit que toute dette correspondant à cet appartement était celle de mon ex-mari. Ce n'est pas à moi de payer mais les choses se sont inversées. C'est moi qui me retrouve à payer alors qu'il m'a fait du mal", déplore-t-elle.

Son ex-mari solvable

RMC a contacté le bailleur, ICF Habitat La Sablière, une filiale francilienne du groupe ICF Habitat, filiale qui gère près de 40.000 logements, dans 135 communes d’Ile-de-France.

L'injustice vécue par Paola depuis plusieurs mois a été signalée. Dans un mail mardi après-midi ICF Habitat confirme être en contact avec l'avocat de Paola et assure que son dossier "est en cours de traitement". Selon l'avocat de Paola, il y a encore des recours possibles. Mais le plus simple pour tout le monde, assure-t-il, ce serait que le bailleur tienne compte de la situation de Paola.

Avec 2 enfants à charge, un salaire au niveau du Smic, et un loyer à payer, cette saisie sur salaire la place en situation de surendettement. Alors que son ex-mari serait en situation de régler ses dettes. Il s'est d'ailleurs lui-même proposé de les régler auprès du tribunal judiciaire de Paris.

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Benoît Ballet et Anne-Lyvia Tollinchi