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Manifestations: "La police et les syndicats ont fait du bon travail", salue le patron de la CPME IDF

Malgré une mobilisation massive, la contestation contre la réforme des retraites ce jeudi s'est déroulée sans incidents majeurs. Au grand bonheur des commerçants et du président de la CPME Île-de-France, qui salue sur RMC l'action de la préfecture et des services d'ordre des syndicats.

L'intersyndicale a réussi son pari. Plus de 2 millions de personnes ont défilé jeudi contre la réforme des retraites selon les syndicats, 1,12 million selon le ministère de l'Intérieur, une mobilisation supérieure à celle de décembre 2019 contre le précédent projet de réforme des retraites.

Une forte mobilisation sans incidents majeurs, avec quelques interpellations à Lyon et Paris mais peu de casse au final: "La préfecture de police a fait un super travail, ce qui n’était pas le cas il y a quelques mois. L’arrivée de Laurent Nuñez est positive", s'est félicité ce vendredi sur RMC Bernard Cohen-Haddad, le président de la CPME Île-de-France, la Confédération des petites et moyennes entreprises, qui représente de nombreux commerçants.

"On craignait des débordements, mais il y en a eu très peu"

Un tacle à peine voilé à Didier Lallement, l'ancien préfet de police de Paris, remplacé par Laurent Nuñez en juillet 2022 et qui n'avait convaincu ni les manifestants ni les commerçants.

Mais si la mobilisation s'est déroulée sans heurts majeurs malgré 44 interpellations à Paris, c'est aussi grâce à l'action des syndicats, assure Bernard Cohen-Haddad. "Les syndicats sont responsables, ce sont de grandes centrales syndicales qui ont des services d'ordre et qui sont très organisées. On craignait des débordements mais il y en a eu très peu et c'est assez rassurant", a-t-il souligné malgré l'annonce d'une nouvelle journée de mobilisation.

"La préfecture invite à fermer pour éviter les dégâts et protéger les salariés"

Car qui dit mobilisation, dit pertes financières importantes pour les commerçants. "Une journée de grève, c’est 400 millions d’euros de perdus sur l'ensemble du territoire. Et pour les commerçants, c’est entre 50 et 100% de pertes. Les clients ne viennent pas et les magasins sont vides car la préfecture invite à fermer pour éviter les dégâts et protéger les salariés", déplore Bernard Cohen-Haddad.

"Il y a un problème d'attractivité. Quand il y a une grève le jeudi, les gens ne viennent pas le vendredi. Et le samedi, il y a toujours des manifestations à Paris. Depuis quelques années, il y a quatre à cinq mouvements réguliers. Cette récurrence créé une angoisse chez nos entrepreneurs et une désaffection des clients qui se tournent vers le web. C'est un problème pour l'économie de proximité", ajoute-t-il.

Une nouvelle manifestation doit d'ailleurs avoir lieu dès ce samedi. Les organisations de jeunesse comme Alternative étudiante, Voix Lycéenne ou la FIDL doivent défiler dans les rues de Paris, avec le soutien de La France insoumise. Avant une journée nationale le 31 janvier mais qui pourrait d'ores et déjà faire des petits. "On ira probablement au-delà de ce qui est programmé par les intersyndicales confédérales", prévenait ce vendredi sur RMC le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun.

G.D.