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Décryptage: à quelques jours de la reprise, à quoi s'attendre pour la rentrée politique?

La rentrée politique de cette année 2022 se rapproche à grands pas. Climat, incendies, pouvoir d’achat, prix des énergies, assurance chômage, réforme des retraites… Autant de dossiers brûlants sur lesquels le gouvernement et les parlementaires plancheront à compter de la fin du mois d’août.

Après un été passé en bord de mer pour Emmanuel Macron et certains ministres, c'est une montagne de dossiers qui attend le chef de l’Etat et son gouvernement au retour des vacances.

Le premier conseil des ministres prendra place ce mercredi à l’Elysée. La semaine suivante, c’est un séminaire gouvernemental qui aura lieu le 31 août.

Au menu des tractations gouvernementales, tout d’abord, figurent les dossiers les plus urgents, à commencer par le climat. Le sujet est revenu en force avec les violents incendies qui ont sévit dans l’Hexagone au cours de l’été, puis avec la sécheresse historique suivie des tempêtes, comme celle qui a durement frappé la Corse il y a quelques jours.

Au-delà de ces urgences, comme celle aussi de la crise de l’énergie, l’exécutif ne devrait pas tergiverser sur ses chantiers sensibles qu’il avait ciblé avant même les vacances estivales. L’emploi est l’une des priorités, avec un texte attendu sur l’assurance chômage d’ici le mois d’octobre prochain.

Des consultations auront aussi lieu dans le courant du mois de septembre sur un sujet épineux : la réforme des retraites.

Selon le député NUPES Benjamin Lucas, “c’est un sujet sur lequel nous ne pourrons pas transiger. La situation du pays n’est pas bonne, la situation des Français n’est pas bonne, la situation du climat est dramatique…”. Benjamin Lucas ajoute qu’il “espère qu’il y aura des mobilisations sociales d’ampleur pour montrer ce que veut le pays face aux projets de ce gouvernement”.

Les espérances du député devraient être comblées par la journée du 29 septembre prochain. Plusieurs syndicats nationaux ont appelé à une mobilisation générale dans l’Hexagone afin de faire entendre leurs revendications en matière de pouvoir d’achat, de droit des travailleurs ou encore sur la réforme des retraites.

Sécurité, budget et automne social

En parallèle, le gouvernement va également se pencher sur le régalien. En première ligne, le sujet de la sécurité avec la première loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.

Ce dernier doit augmenter le budget des forces de l'ordre de 15 milliards d’euros sur cinq ans. Le dossier de l’immigration sera aussi discuté, même si l'examen de la loi portée par Gérald Darmanin a été reporté au profit d'un débat au Parlement.

À l'automne le traditionnel examen du budget, qui obligera le gouvernement et les députés Macronistes à faire des compromis, notamment à cause de la majorité relative du Président de la République. Tout cela a des allures de cocktail détonnant aux yeux du politologue Benjamin Morel.

“On rentre dans le dur de la crise du pouvoir d’achat. L’hiver notamment, et la fin de l’automne, vont être assez révélateurs des difficultés ou de la possibilité pour le gouvernement de juguler les vagues dans l’opinion”

Selon lui, alors que l’on va “demander aux Français de faire des efforts, etc… Il n’y a pas de solution miracle qui pourrait permettre au gouvernement d’échapper à une forme de mécontentement”.

Ici, le rôle de l’opposition politique sera majeur, car “il y a clairement aujourd’hui une opposition qui est capable de faire obstruction au Parlement, c’est tendu”, devine Benjamin Morel.

Un mot d’ordre : la consultation

En partant de ce postulat d’un contexte fortement tendu, la rentrée va rimer avec consultation et concertation pour le gouvernement et les forces majeures de la politique nationale. Que ce soit sur la santé, l’école ou la transition écologique, l'exécutif veut appliquer la méthode du grand débat, ou plutôt du débat permanent sur tous les grands sujets de l’année.

Dans cette idée de consultation de toutes les parties prenantes des sujets majeurs du pays, le président Macron avait lancé ce projet de création du Conseil national de la refondation.

Le concept et le format restent encore flous, mais cette institution est censée réunir les syndicats, des associations et divers citoyens pour discuter des grands textes de loi avant qu'ils n'arrivent au Parlement. Il sera lancé le 8 septembre prochain.

Si ce conseil n’est vu que comme un simple gadget par les oppositions, les députés macronistes, comme Patrick Vignal, croient dur comme fer en ce qu'ils espèrent être une nouvelle méthode.

“Une allumette pourrait faire exploser la France sur n’importe quel sujet. Cela pourrait être la réforme des retraites, les fruits et légumes qui ont pris 40%, des gens ne peuvent plus manger… Il faut faire participer les Français, et encore une fois ne pas avoir peur de la foule. (...) Plus qu’une concertation, c’est un nouvel état d’esprit qu’il faut créer avec les Français”

Emmanuel Macron lui devrait plutôt se tenir en retrait du chaudron de l'Assemblée Nationale, qui a montré en juillet lors de l'examen du texte sur le pouvoir d'achat qu'il pouvait être bouillant.

Dans un premier temps, le chef de l’Etat devrait se concentrer sur l'international. Première étape : l’Algérie, de jeudi à samedi prochain. L’objectif de ce voyage pour le président sera de renforcer les relations diplomatiques, alors que l'Algérie fête cette année les 60 ans de son indépendance.

Paul Barcelonne (avec Alexis Lalemant)